379 mesures affichées
Chapitre IRendre le pouvoir aux Marseillaises et aux Marseillais
1. Le pouvoir au peuple
ROMPRE AVEC LE CLIENTÉLISME ET GOUVERNER AVEC LES HABITANT·ES La commune est l’échelon politique le plus proche des citoyen·nes, et à Marseille, l’enjeu est particulièrement fort. Le Printemps Marseillais promettait une « révolution démocratique » fondée sur la transparence et la co-construction, mais les grandes décisions (urbanisme, budget, grands événements sportifs, etc.) restent prises sans réelle concertation. La vie politique marseillaise reste également marquée par des pratiques abusives. Des fraudes électorales de 2020, à l’affaire Vassal en 2025, sans compter un clientélisme omniprésent. Contrairement à la corruption qui relève de l’enrichissement personnel illégal, le clientélisme consiste à accorder des emplois, ou des logements par exemple, en échange d’un soutien politique. Il prospère particulièrement à Marseille, où les rapports de pouvoir sont imbriqués, et les élu·es doivent composer avec une multiplicité d’intérêts et d’acteurs : institutions, figures locales, syndicats, groupes informels, etc. Pour contrer ces dérives et en finir avec la monarchie municipale, il faut donner le pouvoir au peuple. Cela passe par plus de démocratie directe et la création de conditions concrètes pour que chacun·e se sente légitime d’y prendre part : accès à l’information, aux outils et aux espaces de participation. Les élu·es doivent aussi en être les garant·es, et accepter des règles claires de transparence et de contrôle citoyen.
Axe 1PERMETTRE LA PARTICIPATION DU PLUS GRAND NOMBRE
- Mesure 1
Garantir une démocratie locale inclusive,en soutenant la participation des résident·es étranger·es et des mineur·es dès 16 ans à la vie démocratique. Au niveau national, engager la modification de la Constitution pour leur reconnaître le droit de vote ; au niveau local, leur garantir l’accès à toutes les instances et votations citoyennes (référendums d’initiative locale, vœux citoyens).
- Mesure 2
Renforcer la participation électorale,en lançant une grande campagne d’inscription sur les listes électorales. Mettre fin aux radiations abusives, en intégrant systématiquement l’inscription (ou la vérification) sur les listes électorales à chaque démarche administrative.
- Mesure 3
Donner à tous·tes les moyens concrets de participer à la vie publique, en s’appuyant sur l’éducation populaire (assemblées de quartier, enquêtes participatives, marches exploratoires, cahiers de doléances). La Ville mettra des salles municipales à disposition des associations, syndicats et partis toute l’année, et fera des écoles de véritables lieux de vie de quartier ouverts, pouvant accueillir les activités associatives.
- Mesure 4
Améliorer le lien direct entre la mairie et les habitant·es, en renforçant à la fois les outils numériques et la présence de terrain. L’application « Marseille ma ville » centralisera services, démarches et participation citoyenne, tandis que chaque mairie de secteur disposera d’un guichet unique avec accompagnement aux droits, inclusion numérique et permanences juridiques. Les panneaux d’affichage public seront réhabilités et développés pour l’expression citoyenne, associative et culturelle.
- Mesure 5
Garantir l’accès aux services publics pour toutes et tous, en soutenant les associations de traduction, d’interprétariat et d’apprentissage du français afin de lever les barrières linguistiques à la participation et à l’accès aux droits.
Axe 2RENFORCER L’IMPLICATION DIRECTE DANS LES AFFAIRES PUBLIQUES
- Mesure 6
Redonner du pouvoir aux habitant·es, par la mise en place des comités de quartier prévus par la loi, partout à Marseille. Ouverts à toutes et tous, ils réuniront habitant·es, associations (y compris les comités d’intérêt de quartier [CIQ], et les comités d’initiative et de consultation d’arrondissement [CICA]), collectifs et élu·es. Ces instances permettront de débattre, s’informer, se former et co-construire les projets locaux. Dotés de budgets participatifs et d’investissement, ils se réuniront au moins trois fois par an et pourront inscrire des sujets à l’ordre du jour du conseil municipal. Un accueil des enfants sera prévu pour favoriser la participation de tous·tes.
- Mesure 7
Faire entendre la voix des citoyen·nes jusqu’à la mairie centrale, en renforçant l’Assemblée citoyenne du futur. 111 habitant·es tirés au sort, représentatifs de tous les quartiers, chargés d’élaborer des propositions concrètes. Elle disposera d’un droit d’initiative pour soumettre directement des délibérations inscrites à l’ordre du jour du Conseil municipal.
- Mesure 8
Associer durablement la société civile à l’action publique, en créant des comités populaires. Liés aux délégations municipales, ils pourront suivre, évaluer et co-piloter les politiques publiques. Composés d’un groupe limité d’acteurs (associations, chercheur·euses, habitant·es, usager·es, etc.), leur fonctionnement garantira transparence et intérêt général, avec des compensations prévues pour lever les freins à l’engagement.
- Mesure 9
Démocratiser le budget et la commande publique. Mettre en place un comité populaire du budget pour débattre des grandes orientations et en assurer l’évaluation annuelle. Mettre en place un comité populaire de la commande publique pour co-construire les projets d’aménagement (diagnostic partagé, co-rédaction des cahiers des charges, choix des prestataires et suivi des projets). Les marchés privilégieront les acteurs ancrés localement, selon des critères sociaux et écologiques stricts.
- Mesure 10
Faire appliquer pleinement le droit de pétition prévu par le règlement intérieur de la Ville. Lorsqu’une pétition recueille plus de 10 000 signatures, son initiateur·rice pourra présenter le sujet au Conseil municipal, qui devra l’examiner et y apporter une réponse officielle.
- Mesure 11
Permettre aux habitant·es de prendre directement des grandes décisions locales en appliquant pleinement le droit aux référendums locaux, dans l’attente du référendum d’initiative citoyenne (RIC). Les référendums pourront avoir lieu à l’échelle de la ville ou d’un secteur. Lorsqu’une pétition atteint 10 % des électeur·rices du périmètre concerné (c’est-à-dire les résident.es votant) la mairie organise un référendum ; si la participation dépasse 50 %, le résultat est appliqué, notamment sur des enjeux majeurs comme l’avenir des croisières ou les démolitions de logements.
Axe 3EXIGER DES ÉLU·ES QU’ILS SOIENT EXEMPLAIRES, ET ÉRADIQUER LA CORRUPTION ET LE CLIENTÉLISME
- Mesure 12
Garantir une attribution juste et transparente des ressources publiques. Assurer la transparence dans l’attribution des logements sociaux, des places en crèches, des marchés publics et des emplacements dans l’espace public, grâce aux comités populaires et à la présence d’usager·es au sein des conseils d’administration et commissions des services publics municipaux (Centre communal d’action sociale [CCAS], bibliothèques, Commission consultative des services locaux [CCSPL], etc.).
- Mesure 13
Mettre fin au clientélisme et au népotisme dans les recrutements publics. Suspendre les embauches municipales et métropolitaines 3 à 6 mois avant et après les élections, hors urgence avérée et uniquement après appel à candidatures et concours. Interdire l’embauche de proches des élu·es sans procédure ouverte et transparente.
- Mesure 14
Prévenir les conflits d’intérêts et rendre l’action des élu·es pleinement transparente. Publier l’ensemble des rendez-vous des élu·es avec des représentant·es d’intérêts privés, refuser tout cadeau ou avantage, et mettre en place un dispositif de détection des conflits d’intérêts avant chaque conseil municipal, avec obligation de retrait des débats ou votes concernés.
- Mesure 15
Imposer la sobriété et l’exemplarité des élu·es dans l’usage de l’argent public. Rééquilibrer les indemnités entre mairie centrale, mairies de secteur et métropole, supprimer ou limiter les primes liées aux conseils d’administration, et encadrer strictement les frais de réception pour exclure tout usage partisan ou privé des fonds publics.
- Mesure 16
Renforcer la démocratie locale et le rôle des mairies de secteur en instaurant une conférence les réunissant avant chaque conseil municipal, comme exigé par la loi. Cette instance permettra de mieux coordonner l’action publique et de faire des mairies de secteur de la liste « Marseille fière et populaire » de véritables maisons du peuple, ouvertes et utiles aux habitant·es.
- Mesure 17
Protéger celles et ceux qui dénoncent les abus, en créant une Maison des lanceur·euses d’alerte. Elle assurera protection, accompagnement juridique et psychologique, et anonymat si nécessaire. Elle sera en lien avec un service de déontologie contraignant et une instance citoyenne indépendante composée d’associations, d’habitant·es et d’élu·es de tous bords qui traiteront les signalements de corruption ou de clientélisme.
Axe 4ŒUVRER POUR LA TRANSPARENCE DES DÉCISIONS PUBLIQUES ET RENDRE DES COMPTES AUX HABITANT·ES
- Mesure 18
Garantir une transparence totale de l’action municipale. Toutes les études commandées par la mairie seront rendues publiques, y compris en amont des conseils municipaux lorsqu’elles éclairent le débat. Les projets de délibération et leurs annexes seront publiés au moins sept jours avant chaque séance, et les votes mis en ligne après chaque conseil. Un registre public recensera l’ensemble des demandes d’études et les réponses apportées, la Ville s’engageant à appliquer systématiquement les avis de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) pour garantir le droit à l’information.
- Mesure 19
Encadrer strictement l’action des élu·es par une charte des élu·es. Elle sera renforcée et complétée par une charte spécifique du·de la maire , afin d’assurer le respect des engagements pris devant les électeur·rices.
- Mesure 20
Rendre les élu·es réellement révocables et le pouvoir au peuple. Au niveau national, mener la bataille pour modifier la Constitution et instaurer un référendum d’initiative citoyenne révocatoire, déclenché après un an de mandat par une pétition réunissant 10 % du corps électoral, y compris pour le·la maire. Nos élu·es s’engagent à respecter le résultat d’un tel référendum ; tout manquement entraînera leur exclusion du groupe.
- Mesure 21
Décloisonner les services pour renforcer l’efficacité des politiques publiques et la coopération entre les élu·es et les agent·es. Créer des cellules transversales de projets réunissant urbanisme, logement, transports, éducation et environnement par exemple, pour assurer la cohérence et l’efficacité de tous les grands projets et des actions de planification.
- Mesure 22
Mettre en place une politique d’Open Data pour garantir l’accès aux données publiques en simplifiant leur lecture avec géolocalisation des services publics.
2. Les associations
SOUTENIR CELLES ET CEUX QUI FONT VIVRE LA DÉMOCRATIE AU QUOTIDIEN Marseille compte une vie associative d’une grande vitalité : avec près de 25 000 associations dans toute la ville. Elles remplissent des missions essentielles (accès aux droits, à la santé, à l’éducation) et interviennent souvent là où les pouvoirs publics sont absents, notamment dans les quartiers périphériques. Réactives en temps de crise, comme lors de l’accueil des migrant·es, elles servent aussi de relais entre habitant·es et institutions, en facilitant la compréhension des services publics et en développant l’éducation populaire. Enfin, elles recréent du lien social, animent des espaces partagés et garantissent une offre culturelle et éducative, accessible à toutes et tous. Aujourd’hui, ces associations sont gravement menacées. Elles manquent de moyens financiers, et souffrent de logiques délétères d’appels à projets concurrentiels qui les poussent à fermer. Leur liberté est de plus en plus contrainte. Elles sont soumises à un contrôle renforcé de l’État au niveau national, ou fragilisées par des pratiques clientélistes et électoralistes dans l’attribution des subventions au niveau local. Dans notre politique, les associations auront un rôle central d’initiative et de contre-pouvoir. Elles sont les alliées indispensables pour mener une politique de rupture, et auront des moyens renforcés pour assumer cette responsabilité. Nous défendrons un accès facilité aux lieux, aux financements durables et une relation fondée sur la transparence et la coopération.
Axe 1ÉTABLIR UN RAPPORT DE COOPÉRATION ET DE CONFIANCE AVEC LE MOUVEMENT ASSOCIATIF
- Mesure 23
Garantir la liberté et l’indépendance du monde associatif en menant au niveau national le combat pour abroger le contrat d’engagement républicain et le remplacer par une charte d’engagements réciproques entre l’État, les collectivités et les associations.
- Mesure 24
Refonder la relation entre la Ville et les associations en co-élaborant une charte de la vie associative avec l’ensemble des acteurs volontaires, afin de clarifier les règles, sécuriser les financements et garantir la liberté d’expression et d’action associative.
- Mesure 25
Mettre fin au clientélisme dans l’attribution des subventions en instaurant un cahier des charges clair, élaboré par une commission mixte associant citoyen·nes, élu·es et agent·es. Les financements seront accordés selon des critères transparents : utilité sociale, travail réel sur le terrain, égalité femmes-hommes, conditions de travail dignes et bien-être des salarié·es, respect des conventions collectives, tarification sociale et pratiques professionnelles respectueuses et non discriminantes. Nous veillerons à la place des femmes et des personnes racisées dans ces structures associatives.
- Mesure 26
Mettre à jour la liste des projets financés par la ville, leur suivi, et leur bilan. Elle sera consultable sous format numérique, via l’application « Marseille ma ville » (voir chapitre 1, mesure 4 ).15
Axe 2DÉFENDRE ET SÉCURISER LES ACTIVITÉS ASSOCIATIVES GRÂCE À DES MOYENS MATÉRIELS RENFORCÉS
- Mesure 27
Financer les associations à hauteur réelle du travail qu’elles fournissent et réduire le délai de paiement ferme de 50 % de la subvention à 60 jours, encadrer le versement d’acomptes, et verser le solde maximum 30 jours après l’envoi des justificatifs marquant la fin des projets.
- Mesure 28
Donner de la stabilité aux associations. Privilégier les conventions pluriannuelles et subventions de fonctionnement pour permettre aux associations de se projeter et de pérenniser les emplois.
- Mesure 29
Garantir un accès équitable et transparent aux ressources municipales. Mettre en place une plateforme publique recensant l’ensemble des lieux municipaux disponibles et les conditions d’accès. Permettre le prêt gratuit des équipements municipaux aux associations et collectifs (salles polyvalentes, gymnases, écoles, EHPAD, etc.). Rendre publiques et lisibles les décisions d’accorder ou non des prêts de salles aux associations, et publier un agenda des réservations.
- Mesure 30
Renégocier les attributions de compensation versées à la ville par la Métropole. Elles sont aujourd’hui insuffisantes au regard du poids démographique et social de Marseille dans la Métropole, et des retards accumulés dans les services publics après 5 ans de mauvaise gestion et de clientélisme. Il en va de l’égalité des territoires et de la démocratie entre pouvoirs publics.
- Mesure 31
Exiger de la métropole de déléguer la compétence voirie à la Ville. La ville pourra ainsi s’occuper directement des routes, trottoirs et pistes cyclables, avec le matériel et le personnel transféré de la Métropole à la ville, sans coût supplémentaire pour la population. Dans le cadre législatif actuel, il s’agit de la seule compétence majeure que la Métropole d’Aix-Marseille peut déléguer, et non pas transférer, à la ville.
- Mesure 32
Se porter candidat·es à l’exécutif de la Métropole pour mettre en place concrètement notre programme marseillais. Dans le cadre législatif actuel, notre programme dépend en grande partie de l’échelon métropolitain. Nous assumerons nos responsabilités et nous siègerons avec un seul objectif : tout faire pour appliquer notre programme.
3. La Métropole
REPRENDRE LE CONTRÔLE FACE À UNE MÉTROPOLE TECHNOCRATIQUE La métropole a été conçue de manière si complexe qu’elle échappe au contrôle démocratique des citoyen·nes. En concentrant des compétences essentielles (transports, voirie, déchets, logement, plan local d’urbanisme) elle prive les élu·es municipaux de leviers nécessaires pour transformer leur ville et éloigne les habitant·es des décisions qui les concernent. Ce déficit démo-cratique est particulièrement visible en 2020 : malgré sa lourde défaite aux municipales, Martine Vassal conserve le contrôle sur des choix cruciaux pour les Marseillais·es en étant réélue présidente de la métropole. Depuis la loi 3DS de 2022, le cadre légal actuel permet le retour de la compétence voirie à la ville (routes, trottoirs, pistes cyclables, etc.). Nous ne comprenons pas le refus de la municipalité sortante de reprendre cette compétence essentielle, et nous y mettrons fin. Pour les autres compétences, que la loi ne permet pas aujourd’hui de transférer, nous engagerons un rapport de force pour en exiger le retour à la Ville, avec les moyens correspondants, en particulier les déchets, les transports et l’urbanisme. Nous voulons rompre avec le fonctionnement métropolitain actuel. Il est temps de mettre fin à une Métropole guichet clientéliste au service de maires de riches communes et à l’excuse trop souvent utilisée : « ce n’est pas de ma faute, c’est la métropole ! » Aujourd’hui, les besoins essentiels de la population ne sont pas pris en charge, notamment celui de la planification territoriale afin de renforcer notre souveraineté sur le plan alimentaire, énergétique ou industriel. Avec les habitant·es des communes concernées, nous nous battrons pour une gestion publique de l’eau en régie, pour le développement des transports collectifs de type RER entre Marseille, Aubagne, Aix et l’étang de Berre, et pour l’impératif de la reconversion écologique des grands bassins industriels.
4. Le budget
EN FINIR AVEC LES POLITIQUES AUSTÉRITAIRES Marseille est profondément abîmée par des décennies de sous-dotation et de mépris de l’État : plus d’un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, et dans certains quartiers, plus d’un·e habitant·e sur deux. La solidarité nationale n’a jamais été à la hauteur. La Cour des comptes l’a reconnu : les dotations n’ont pas compensé la faiblesse des ressources locales, laissant la deuxième ville de France affronter seule pauvreté, logement indigne, écoles vétustes et effondrement des services publics. Quant au plan « Marseille en grand » , il n’a produit que des promesses partielles, pilotées depuis Paris, loin des besoins réels. À son arrivée en 2020, la municipalité aurait pu rompre avec l’austérité héritée de la droite. Elle a fait l’inverse : en privilégiant la réduction de la dette et en refusant d’emprunter malgré des taux historiquement bas, la municipalité a renoncé à près de 250 millions d’euros d’investissements, soit l’équivalent d’une dizaine d’écoles rénovées. Elle a en plus augmenté fortement les impôts locaux, frappant des propriétaires modestes parmi les plus pauvres de France. Ironiquement, à l’approche des élections, elle se remet à emprunter alors que les taux sont désormais élevés. Une gestion intelligente de la dette aurait été d’investir quand l’argent était bon marché et d’alléger la pression sur les ménages précaires. Le budget municipal n’est pas un simple exercice comptable : c’est le projet de société que nous voulons. Chaque euro doit renforcer un service public fort, accessible et de qualité pour tous·tes, surtout dans les quartiers populaires. Nous défendons un budget qui renforce les services essentiels, investit massivement dans les infrastructures qui les portent, et protège les plus fragiles.
Axe 1ROMPRE AVEC L’AUSTÉRITÉ ET EN FINIR AVEC LES CADEAUX ET TRANSFERTS DE COMPÉTENCES AU PRIVÉ !
- Mesure 33
Redonner aux communes les moyens d’agir en menant la bataille nationale contre les politiques d’austérité et pour obtenir des dotations permettant aux collectivités locales de retrouver un rôle moteur dans l’investissement local.
- Mesure 34
En finir dès que possible avec toutes les délégations de service public concernant les services de l’eau, des transports, des parkings, tunnel Prado-Carénage, des déchets (au niveau métropolitain) et du stationnement de surface (au niveau municipal) . Abandonner le projet de Société d’Économie Mixte à Opération Unique (SEMOP) pour les piscines Nord et Luminy et relancer leur construction sous maîtrise publique. Remunici-paliser la gestion des écoles (entretien, ménage, restauration, maintenance), tout en continuant à recourir au privé pour la construction et la rénovation.
- Mesure 35
Mettre fin aux dépenses immobilières inutiles en résiliant les baux de la Ville et de la Métropole à la tour La Marseillaise, qui leur coûtent respectivement près de 700 000 € et 7 M€ par an, alors que des locaux publics ou moins chers suffiraient. Réaliser une analyse fine du budget pour trouver des sources d’économies similaires.
- Mesure 36
Renforcer la souveraineté et l’efficacité de l’action publique en interdisant le recours aux cabinets de conseil lorsque les services municipaux peuvent assurer la mission, conformément aux recommandations de la Cour des comptes (juin 2025), et en soumettant toute externalisation à un vote préalable du conseil municipal.
- Mesure 37
Garantir l’usage effectif de l’argent public au service des besoins essentiels en limitant les excédents financiers non utilisés et en adoptant un budget pluriannuel contraignant, afin d’assurer la réalisation des investissements prioritaires (écoles, voirie, eau, logement) et d’accélérer les projets lorsque les ressources le permettent.
Axe 2FINANCER LA VILLE AUTREMENT, PAR ET POUR LES HABITANT·ES
- Mesure 38
Rendre la fiscalité locale plus juste et équitable. Exiger une réforme nationale des bases de la taxe foncière afin qu’elles soient enfin adaptées au niveau de vie réel des quartiers. Utiliser pleinement les exonérations prévues par la loi (rénovation énergétique, remise en location des logements vacants) pour encourager les bonnes pratiques tout en protégeant les ménages.
- Mesure 39
Mettre la finance municipale au service de l’intérêt général. Adopter une nouvelle stratégie d’investissement fondée sur un emprunt responsable orienté vers des projets utiles. Cette stratégie s’appuiera sur la publication d’un audit complet du patrimoine de la Ville, l’abandon du cabinet de conseil financier utilisé depuis 2008, et le remplacement de la notation financière classique par une évaluation extrafinancière intégrant les impacts sociaux et environnementaux.
- Mesure 40
Mobiliser l’épargne locale pour financer la transition. S’associer à un organisme de crédit responsable afin de créer un produit d’épargne citoyenne, qui permettra aux Marseillais·es d’orienter leur épargne vers des projets d’avenir (énergie solaire, réseaux de chaleur et de froid, etc.), tout en participant à la gouvernance des choix d’investissement.
- Mesure 41
Démocratiser pleinement le budget municipal en ouvrant les grandes orientations financières aux habitant·es. Organiser des débats budgétaires participatifs dans les comités de quartier, créer un « Open Budget Marseille » permettant de suivre en temps réel les dépenses et recettes, publier systématiquement des taux d’exécution budgétaire et des coûts réels des politiques publiques, et lancer un audit indépendant sur l’origine de la dette depuis la fin des années 1990.
Axe 3EN FINIR AVEC LA POLITIQUE DE PRÉCARITÉ HUMILIANTE DES PERSONNELS
- Mesure 42
Garantir la stabilité de l’emploi public et reconnaître le rôle essentiel des agent·es. Lancer un plan de titularisation de celles et ceux qui occupent des emplois permanents, en priorité les agent·es de catégorie C. Ce plan sera accompagné d’un programme de formation pour favoriser l’amélioration des conditions de travail et la pratique des agent·es ainsi que l’évolution professionnelle choisie.
- Mesure 43
Mettre fin à la sous-administration des services publics municipaux. Lancer un plan pluriannuel de recrutement et de formation, avec l’augmentation des effectifs de 500 agent·es minimum, et jusqu’à 1 000 si la fin de l’austérité nationale le permet. Ce plan anticipera les départs à la retraite, organisera la transmission des savoirs et renforcera en priorité les services en tension (ATSEM, animation, écoles, crèches, bibliothèques, logement et services techniques). La Ville construira de véritables filières professionnelles municipales, notamment par des parcours en alternance menant aux diplômes nécessaires aux métiers de la Ville.
- Mesure 44
Redonner à la Ville une ingénierie publique forte en reconstituant des filières municipales dans les domaines clés (bâtiment, voirie, énergie, espaces verts). Cela permettra de réduire la dépendance aux cabinets privés coûteux et d’améliorer la maîtrise, les délais et la qualité des projets publics.
- Mesure 45
Faire de Marseille un employeur public attractif et exemplaire. Ouvrir des négociations avec les organisations syndicales pour améliorer les déroulés de carrière, les conditions de travail, et revaloriser les primes des agent·es (notamment en minimisant, voire supprimant, la part variable). Moderniser le Comité d’Action Sociale selon les recommandations du rapport de l’Inspection Générale des Services de janvier 2023. Mettre en place d’un congé menstruel pour les agent·es, ainsi qu’un congé paternité allongé plus favorable que la loi.
Chapitre IIRépondre à nos besoins fondamentaux
1. Habitat
DES LOGEMENTS DIGNES ET ACCESSIBLES POUR TOUS·TES Un logement, c’est d’abord un lieu de vie, pas une source de profit. Un lieu pour vivre, grandir, se reposer et se sentir en sécurité. Pour beaucoup, ce droit vital est aujourd’hui fragilisé à Marseille : les loyers explosent tandis que les logements indignes se multiplient. Or, disposer d’un toit est indispensable pour s’ancrer dans la ville, vivre dans un quartier et accéder à d’autres droits essentiels, comme la santé, l’éducation ou l’emploi. À Marseille, ce droit n’est plus garanti. La ville connaît l’une des pires crises du logement en France : plus de 50 000 familles attendent un logement social, 40 000 ménages vivent en précarité énergétique (logements surchauffés l’été, glacés l’hiver, factures insoutenables) et 1 Marseillais·e sur 9 habite dans un logement indigne. Les copropriétés dégradées s’effondrent, littéralement, sous le poids du manque d’entretien, des charges impayées et de l’abandon des syndics. Pendant ce temps, 10 % des ménages détiennent 60 % des biens selon l’INSEE, les loyers ont augmenté de 30 % depuis 2000, et Airbnb aggrave la pression locative avec toujours plus de 10 000 annonces en 2025 selon le Monde. À cela s’ajoute l’urgence écologique : nous devons transformer nos manières de bâtir pour garantir des logements durables et accessibles à tous·tes. La croyance dans le marché privé n’a fait qu’aggraver la situation. Les promoteurs privilégient le profit, au détriment de la qualité et de la vie des habitant·es. Même lorsque l’État intervient, c’est souvent via des montages mêlant financements publics et acteurs privés totalement dérégulés : le public paie, et le privé construit, gère et impose ses tarifs. Livrée à un marché sans contrôle, Marseille se façonne contre ses propres habitant·es. Les quartiers populaires du centre-ville se gentrifient à grande vitesse, quand ceux de la périphérie se dégradent. Dans le même temps, les marchands de sommeil prospèrent, et exploitent la vulnérabilité des plus précaires dans un système qui sacrifie sécurité et dignité pour le profit individuel. Il est temps de changer de cap. Marseille n’est pas à vendre, et la municipalité doit défendre ses habitant·es face aux abus des investisseurs. Notre priorité sera d’appliquer une véritable politique sociale du logement, qui remet les habitant·es au centre, lutte contre les dérives avec un usage rigoureux du droit, et planifie la construction des logements accessibles selon l’intérêt général.
Axe 1RENFORCER LA PUISSANCE PUBLIQUE ET LE POUVOIR D’AGIR DES HABITANT·ES POUR REPRENDRE LA MAIN SUR NOS LOGEMENTS
- Mesure 46
Garantir l’accès au logement comme un droit universel, en menant la bataille nationale pour une « sécurité sociale du logement ». Fondée sur une garantie universelle des loyers portée par une caisse nationale de solidarité, comme le propose la Confédération nationale du logement (CNL), elle pourra couvrir les impayés et sera gérée conjointement par des représentant·es des locataires et des bailleurs.
- Mesure 47
Mettre fin à la pénurie de logements et répondre aux besoins des ménages populaires, en exigeant la création de 30 000 logements, dont 70 % de logements sociaux, avec un tiers pour les ménages les plus modestes (loyer PLAI). Ils seront équitablement répartis sur l’ensemble de la ville, et la mairie combinera construction neuve, rénovation de l’habitat indigne et transformation des friches et bureaux vacants.
- Mesure 48
En finir avec le scandale des logements vacants, et réquisitionner lorsque c’est nécessaire. Créer un registre public des biens vacants, proposer une médiation renforcée avec les propriétaires et des réquisitions ciblées : temporaires via les pouvoirs du maire, et durables en obtenant au niveau national le transfert du droit de réquisition du préfet vers la mairie, et la collecte de la taxe sur les logements vacants par la Ville.
- Mesure 49
Redonner à la Ville les moyens de piloter une véritable politique de l’habitat, en renforçant la direction municipale de l’habitat. En faire un guichet unique pour les habitant·es, chargé de coordonner l’ensemble des services liés à l’habitat, y compris la rénovation urbaine, la politique foncière, la planification des constructions et réhabilitations, et la gestion du parc social.
- Mesure 50
Transformer la brigade municipale du logement en un outil offensif de défense du droit au logement, chargé de faire appliquer l’ensemble des lois existantes et d’agir sur les causes structurelles de la crise : régulation des locations de courte durée type Airbnb, contrôle du permis de louer, respect de l’encadrement des loyers et réquisition des logements vacants.
- Mesure 51
Démocratiser les politiques du logement et construire un rapport de force citoyen, en créant un comité populaire (voir chapitre 1 , mesure 8 ). Il réunira élu·es, expert·es, associations et habitant·es pour co-construire les politiques publiques. Ce comité organisera chaque année des Assises populaires du logement afin de former des habitant·es capables d’en former d’autres à leur tour, de les associer à la mise en œuvre du programme et d’appuyer la coordination des collectifs mobilisés sur le sujet.
- Mesure 52
Développer des formes d’habitat alternatives, écologiques, et accessibles en soutenant les projets d’habitat participatif, coopératif, en bail réel solidaire ou en habitats légers. Apporter un appui technique, juridique et financier et faciliter l’accès à des terrains publics ou privés. Réhabiliter l’existant en s’appuyant sur l’intelligence du bâti provençal : logements traversants, ventilation naturelle et retour du trois-fenêtres marseillais.
- Mesure 53
Faire de Marseille Habitat un véritable outil public du droit au logement : démocratisé, transparent et placé sous contrôle municipal et citoyen. Il servira à transformer les bâtiments vacants en logements abordables, à innover dans un habitat bioclimatique adapté au climat marseillais et à garantir le gel des loyers et des charges du parc.
- Mesure 54
Exiger de l’État des financements à la hauteur des besoins réels de Marseille, après des décennies de sous-investissement et de désengagement qui ont aggravé l’habitat indigne, la pénurie de logements abordables et la dégradation du parc existant.
Axe 2DÉFENDRE UN LOGEMENT SOCIAL DIGNE, TRANSPARENT ET AU SERVICE DES HABITANT·ES
- Mesure 55
Faire respecter le droit à un logement digne et contraindre les bailleurs à leurs obligations. Renforcer le rôle de la Ville en mobilisant l’ensemble des outils juridiques existants (conventions d’utilité sociale, convention préfectorale sur l’habitat indigne, permis de louer), afin de suivre l’état du parc, sanctionner les manquements, imposer des travaux et suspendre les subventions. En cas de carence d’un bailleur, la Ville, avec l’État et l’Agence Nationale du Contrôle du Logement Social (ANCOLS), fera constater la situation et visera à reprendre la gestion du logement, notamment en le transférant à Marseille Habitat.
- Mesure 56
Garantir l’accessibilité des logements, en créant une régie municipale des ascenseurs. Elle sera chargée de recenser les immeubles équipés ou non, de mutualiser les contrats de maintenance et d’assurer le lien avec les entreprises. Pour les bailleurs défaillants, la Ville utilisera ses pouvoirs de police pour engager des travaux d’office et si nécessaire bloquer les loyers en attente de la remise en état. La régie interviendra en priorité dans le parc social, sans exclure le parc privé.
- Mesure 57
Démocratiser et rendre transparent le fonctionnement du logement social. Renforcer le rôle des associations de locataires et du comité populaire afin d’assurer un suivi rigoureux des pratiques (vacance, état des logements, auditions des bailleurs en conseil municipal, comme à Paris ou Lyon). La Ville apportera un appui juridique et un rôle de médiation avec les bailleurs, encouragera la création, la formation et la coopération des associations de locataires, et les protégera contre toute forme d’intimidation.
- Mesure 58
Mettre fin au clientélisme et aux discriminations dans l’attribution des logements sociaux. Rendre le quota du maire transparent, avec des règles d’attribution débattues et votées en conseil municipal. Renforcer la présence des associations de locataires et assurer une formation des commissions à la lutte contre les discriminations et la corruption.
- Mesure 59
Suspendre les démolitions de logements sociaux par la mise en place d’un moratoire. Dans le cadre des projets de l’ANRU, prendre le temps d’évaluer les opérations, d’examiner systématiquement les alternatives à la démolition et de garantir le maintien des habitant·es dans leur quartier, avec leur accord.
- Mesure 60
Garantir un relogement rapide, transparent et choisi par les locataires en renforçant la plateforme inter-bailleurs, afin de mutualiser les logements disponibles, mieux coordonner les bailleurs, et permettre des changements de logement clairs et sécurisés entre locataires.
Axe 3LUTTER CONTRE LA HAUSSE DES PRIX ET L’EXPULSION DES PAUVRES
- Mesure 61
Protéger les locataires par la mise en place de l’encadrement des loyers. Limiter les prix à la location, sur la base d’un loyer de référence juste, défini par quartier, taille et type de logement.
- Mesure 62
Empêcher la spéculation immobilière sur le logement neuf, par la mise en place d’une charte pour les promoteurs. Elle permettra de limiter les prix de vente dans le neuf dans des quartiers ciblés, incluant des plafonds de prix, des normes écologiques et sociales renforcées, des priorités d’achat pour les habitant·es et des clauses anti-spéculation.
- Mesure 63
Empêcher les plateformes touristiques de priver les habitant·es de logements. Renforcer la lutte contre les abus liés à Airbnb par des actions ciblées par quartier via la brigade municipale : interdiction des locations en zones tendues et pour les résidences secondaires, contrôles réguliers des annonces frauduleuses, sanctions publiques, transparence des données des plateformes et information des habitant·es sur les impacts du meublé touristique.
- Mesure 64
Reprendre la maîtrise publique du foncier pour garantir du logement abordable, en créant une foncière publique du logement. Elle sera anti-spéculative, chargée de cartographier et protéger le foncier municipal et de racheter en priorité des terrains stratégiques avant leur cession à des promoteurs. En lien avec l’Etablissement public foncier PACA, cela permettra d’en garantir l’usage pour des logements abordables selon des critères sociaux et anti-spéculatifs.
- Mesure 65
Mettre fin aux expulsions injustes par unarrêté municipal anti-expulsionset la création d’un service municipal, doté de moyens propres, intervenant dès les premiers impayés, en lien avec les bailleurs, pour agir avant toute procédure judiciaire.
- Mesure 66
Remunicipaliser Euromed et rétablir le pouvoir municipal sur l’aménagement. Stopper les expropriations injustes, protéger les habitant·es et les commerces populaires, et proposer une alternative publique pour le renouvellement urbain (voir exemple local pour plus de détails).
- Mesure 67
Lutter contre la privatisation de la ville et la multiplication des résidences fermées. Imposer via le PLUi, des règles strictes de continuité des cheminements piétons, ouvrir les espaces abusivement fermés par des acquisitions foncières ciblées lorsque nécessaire, et réguler fermement les clôtures et dispositifs illégaux de fermeture.
- Mesure 68
Lutter pour une véritable mixité sur l’ensemble du territoire communal, en soutenant la révision de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU). Obliger la construction de logements sociaux à l’échelle des arrondissements, et non plus de la ville dans son ensemble. Au niveau local, inscrire l’objectif de rattrapage de 25 % de logements sociaux dans tous les arrondissements de Marseille en le faisant inscrire dans le plan local de l’habitat.
Axe 4PROTÉGER, RÉPARER, SANCTIONNER : UNE STRATÉGIE GLOBALE CONTRE L’HABITAT INDIGNE
- Mesure 69
Garantir des logements décents en généralisant le permis de louer à l’ensemble de la ville. Il permettra de contrôler les mises en location, conditionner les aides municipales au respect de la loi et sanctionner les propriétaires défaillants, notamment par le gel des loyers ou la mise sous gestion de leurs biens, en lien avec la brigade municipale du logement (chapitre 2, mesure 50 ).
- Mesure 70
Contraindre les propriétaires défaillants à réaliser les travaux nécessaires grâce à la convention de lutte contre l’habitat indigne. Renforcer son application et le recours aux travaux d’office, en lien avec la préfecture, afin de permettre à la mairie ou à l’État d’avancer les travaux à la place du propriétaire défaillant, puis d’en récupérer le coût.
- Mesure 71
Accélérer la rénovation de l’habitat dégradé à l’échelle de toute la ville. Élargir le périmètre de la Société Publique Locale d’Aménagement d’Intérêt National (SPLA-IN), en tant qu’opérateur, à l’ensemble de Marseille et accélérer sa mise en œuvre grâce à des moyens financiers renforcés de l’État et des partenaires. Garantir l’implication des habitant·es à chaque étape via des maisons de projet et un rôle central confié au Comité de maîtrise d’usage (CoMU), composé d’habitant·es et d’associations.
- Mesure 72
Protéger les locataires et libérer la parole face aux marchands de sommeil. Mettre en place un accompagnement juridique et psychologique pour les locataires victimes de pratiques abusives, afin de sécuriser les signalements et de les soutenir dans l’ensemble de leurs démarches, en renforçant l’application de la charte du relogement.
- Mesure 73
Prévenir la dégradation des immeubles en lançant un programme de « chantiers solidaires ». Renforcer les actions existantes menées avec les habitant·es et les associations pour traiter les petits travaux du quotidien, tout en permettant, lorsque la sécurité ou les parties communes sont en cause, de constater la défaillance du propriétaire et de déclencher les travaux d’office nécessaires.
- Mesure 74
Anticiper les situations d’habitat indigne et simplifier les démarches des habitant·es. Créer, au sein de la régie municipale des ascenseurs (voir chapitre 2, mesure 56 ), un service de prévention de l’habitat chargé de mutualiser les diagnostics, les outils de contrôle, le partage d’informations et d’assurer un guichet unique pour les habitant·es.
- Mesure 75
Garantir un droit effectif à un logement sain en créant un service public municipal de lutte contre les nuisibles pour le parc privé et public. Il sera chargé du diagnostic, du traitement et de la prévention, coordonné avec les bailleurs et les associations, et doté d’un fonds d’urgence pour assurer la gratuité des interventions pour les ménages précaires.
Axe 5STOPPER L’EFFONDREMENT SOCIAL ET URBAIN DES COPROPRIÉTÉS DÉGRADÉES
- Mesure 76
Lever les blocages financiers qui empêchent la réalisation des travaux indispensables. Mettre en place des fonds d’avance municipaux permettant aux copropriétaires modestes de réaliser les travaux de sécurité, de performance énergétique ou de salubrité sans avoir à avancer le montant des aides publiques, afin de débloquer rapidement les chantiers collectifs.
- Mesure 77
Prévenir la dégradation des petites copropriétés et soutenir leur entretien au quotidien, en créant un service municipal de proximité. En lien avec les chantiers solidaires et le service de prévention (chapitre 2, mesure 73 ), il permettra de mutualiser à l’échelle d’un îlot l’entretien, les diagnostics et les petites réparations, coordonné par la Ville avec des acteurs publics ou associatifs afin d’alléger les charges et repérer le plus tôt possible les situations à risque.
- Mesure 78
Reconnaître les locataires comme des acteurs à part entière des copropriétés dégradées. Garantir leur représentation dans les instances de décision des copropriétés, et conditionner l’accès aux aides municipales à cette reconnaissance.
- Mesure 79
Mettre la pression sur les syndics via le comité populaire du logement, en instaurant un système d’alerte et de soutien aux conseils syndicaux et en mobilisant des signalements officiels pour obliger les syndics à agir. Créer une agence municipale de soutien et de développement des syndics coopératifs, chargée d’apporter garanties financières, conseil, formation des copropriétaires et accompagnement à l’auto-gestion, et mettre en place un label municipal pour valoriser et encourager les bonnes pratiques.
- Mesure 80
Éviter les syndics judiciaires et protéger les habitant·es quand ils y sont imposés. Mettre en place une médiation municipale entre syndics et habitant·es pour prévenir les blocages dans les copropriétés et ne pas en arriver au syndic judiciaire. Lorsque la mise sous syndic judiciaire est inévitable, assurer un suivi public régulier, informer les résident·es et associer les collectifs pour permettre un retour rapide à une gestion normale.
2. Tranquillité publique
DE LA RÉPRESSION À LA JUSTICE SOCIALE : REFONDER LA SÉCURITÉ À Marseille, la sécurité ne peut se résumer à la répression : c’est avant tout une question de justice sociale et de dignité. Les trafics et les violences qui touchent les quartiers populaires sont le produit de décennies d’abandon politique et d’inégalités structurelles. Dans le même temps, le service public de la police est en crise profonde : accueil défaillant dans les commissariats, accompagnement insuffisant des victimes, services affaiblis par l’austérité et la politique du chiffre. La réponse répressive actuelle (LBD, arrestations préventives, surveillance de masse) s’est révélée brutale et liberticide, d’abord dans les quartiers populaires, puis contre les mouvements sociaux. Elle a en outre brisé la confiance avec la population, marquée par des violences policières parfois mortelles à Marseille, comme celles ayant coûté la vie à Zineb Redouane en 2018 ou Souheil El Khalfaoui en 2021. Dans le même temps, la criminalité la plus grave continue de prospérer, faute de moyens réellement dédiés à l’investigation. Malgré un cadre prohibitif, le trafic de drogue demeure massif en France : la consommation de cocaïne a été multipliée par trois ces dix dernières années . Restaurer la tranquillité publique dans la ville suppose une refondation radicale. Nous devons investir massivement dans la prévention, la médiation et l’accompagnement social, réorganiser les forces de l’ordre sur des bases démocratiques et respectueuses des droits, et traiter les causes profondes des violences : pauvreté, exclusion, abandon des services publics etc. C’est à ce prix seulement que la sécurité cessera d’être un privilège réservé à certain·es pour devenir un droit partagé par toutes et tous.
Axe 1CONSTRUIRE UNE SÉCURITÉ DE PROXIMITÉ, TRANSPARENTE ET DÉMOCRATIQUE
- Mesure 81
Garantir une police nationale sûre, transparente et pleinement à la hauteur de ses missions. Mener une bataille au niveau national pour augmenter les effectifs, en particulier dans la police judiciaire, afin que l’État assume ses responsabilités régaliennes, et qu’elle n’incombe pas à la police municipale. Expérimenter le récépissé lors des contrôles d’identité pour lutter contre les discriminations et renforcer la confiance.
- Mesure 82
Faire de la police municipale une véritable police de proximité et répartir les effectifs par arrondissement. Cela permettra de mieux connaître le terrain, renforcer les missions de proximité (lutte contre les incivilités type stationnement gênant ou nuisance nocturne, médiation de voisinage, accompagnement des personnes fragiles) et améliorer la gestion interne via un audit complet sur les heures supplémentaires et astreintes. La police municipale ne participera pas aux grandes opérations de communication inutiles que sont « Place nette XXL » ou les opérations « Jumbo ».
- Mesure 83
Construire une police municipale exemplaire dans la lutte contre les discriminations. Développer des modules et stages sur la gestion non violente des conflits, la lutte contre le sexisme, le racisme, le validisme et les violences intrafamiliales, en s’appuyant sur les associations spécialisées.
- Mesure 84
Préserver une police municipale orientée vers l’apaisement plutôt que la confrontation, en refusant l’armement létal, quin’est utilisé que par 42 % des policiers municipaux en France. Comme à Lille, Bordeaux, Grenoble ou Paris, exclure les armes à feu et flash-balls, inutiles à leur mission de proximité et d’apaisement.
- Mesure 85
Restaurer le dialogue entre les forces de sécurité et la population. Renforcer les Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance ( CLSPD ) par secteur, garantir la présence de l’ensemble des acteurs prévus par la loi de 2007 et l’élaboration d’une feuille de route annuelle commune et transparente, avec des réunions bimestrielles et la possibilité de convocations en urgence.
- Mesure 86
Protéger les libertés publiques face aux dérives sécuritaires, en encadrant strictement la vidéosurveillance. Instaurer un moratoire sur toute nouvelle installation, en retirant les dispositifs d’intelligence artificielle (reconnaissance faciale, écoute automatisée) et en confiant à un comité citoyen indépendant l’évaluation de son efficacité et de son impact sur les libertés, avec restitution publique au conseil municipal.
Axe 2PRÉVENIR LES CONFLITS ET RENFORCER LE LIEN SOCIAL
- Mesure 87
Faire de la prévention et de la médiation les piliers de la tranquillité publique. Renforcer massivement les effectifs de médiateur·rices sur des enjeux clés (logement social, jeunesse, santé et addictions, relation police-population) et déployer, dans chaque secteur, une politique de prévention coordonnée avec les associations, les collectifs, les mairies de secteur et la police municipale.
- Mesure 88
Renforcer la solidarité de proximité et les services du quotidien dans les quartiers, en développant les conciergeries sur le modèle de celle d’Air Bel. Accompagner leur création par la mise à disposition de locaux et un soutien financier. Ces lieux d’entraide proposeront progressivement des services utiles (relais-colis, accès aux droits, etc.) et évolueront en fonction des besoins et des initiatives des habitant·es.
- Mesure 89
Mettre en place une réponse sanitaire et humaine aux situations de détresse psychique. Former la police municipale à la reconnaissance des troubles mentaux, à la désescalade de conflits, et renforcer les équipes d’intervention pluridisciplinaires associant professionnel·les de santé et travailleur·euses sociaux, afin de sortir d’une logique exclusivement sécuritaire.
Axe 3TRAITER L’USAGE DE DROGUES COMME UN ENJEU DE SANTÉ PUBLIQUE
- Mesure 90
Réduire les risques liés aux addictions et apaiser durablement l’espace public, en mettant en place une Halte soins addictions (HSA). En lien avec les associations spécialisées (voir section santé, mesure 165 ), elle permettra de réduire la présence de seringues dans l’espace public, de diminuer les scènes de consommation visibles et les tensions associées, et d’apaiser durablement la vie du quartier.
- Mesure 91
Préparer la sortie du tout-répressif en matière de politique des drogues, en soutenant la bataille nationale pour la légalisation du cannabis. Une délégation d’élu·es sera chargée de recenser les sollicitations et propositions des associations, des collectifs et des experts sur le sujet. Elle réalisera un diagnostic des capacités locales de production, de formation et de distribution afin de préparer la ville en cas de légalisation.
- Mesure 92
Renforcer la prévention et l’information face aux usages et aux réseaux, en proposant des formations régulières, pour sensibiliser aux risques liés aux drogues. Aider les parents à repérer les signes de fragilité chez leurs enfants et comprendre les stratégies d’embrigadement des réseaux. Elles seront organisées dans les collèges et lycées, en partenariat avec les services municipaux et les associations spécialisées.
Axe 4LUTTER CONTRE LA CRIMINALITÉ ORGANISÉE ET SES EFFETS DÉVASTATEURS SUR LA VIE DES HABITANT·ES
- Mesure 93
Soutenir la bataille nationale pour une stratégie globale contre la criminalité organisée (Plan de lutte : « Du narcotrafic à une approche globale de la criminalité organisée », la France Insoumise, novembre 2024). Désarmer les réseaux : enrayer le trafic d’armes, légaliser le cannabis et s’attaquer au blanchiment d’argent, tout en brisant l’omerta grâce à un véritable statut de repenti. Déployer les moyens d’action : renforcer la police judiciaire, donner à la justice les moyens d’enquêter, développer la police de proximité, et améliorer la protection des victimes. Agir en amont : sortir les mineurs des trafics, lutter contre la corruption, prévenir la consommation par une approche sanitaire et redéployer les services publics pour tarir les bases sociales du crime organisé.
- Mesure 94
Reloger systématiquement les familles de victimes qui le souhaitent, sans délai, que ce soit dans le parc social ou dans le parc privé.
- Mesure 95
Mettre en place un dispositif d’accompagnement psychologique dédié aux familles de victimes.
- Mesure 96
Renforcer massivement les effectifs de médiateur·rices, pour assurer une présence humaine et apaisante dans l’espace public.
- Mesure 97
Déployer un dispositif municipal d’études dirigées et de soutien scolaire, dans toutes les écoles publiques de Marseille. L’échec scolaire est l’un des principaux facteurs de risque d’entrée dans la délinquance à l’adolescence.
- Mesure 98
Créer une cellule municipale de coordination contre la criminalité organisée, réunissant la Ville, les représentant·es de l’État, ainsi que des associations et des familles de victimes.
3. École publique
GARANTIR L’ÉGALITÉ ET L’ÉMANCIPATION L’école est le socle de notre République : c’est là que se construit l’avenir de nos enfants et celui du pays. Face aux défis à venir, notamment écologiques, elle doit privilégier la coopération plutôt que la compétition et transmettre le sens de l’intérêt général. L’école publique est aussi un espace d’émancipation, où chacun·e peut apprendre, développer son esprit critique et acquérir les moyens d’être libre et autonome. À Marseille pourtant, l’état des écoles reste alarmant. Beaucoup d’entre elles présentent encore des risques graves : infiltrations, vétusté, structures fragilisées, et présence d’amiante (au moins 85 écoles concernées selon une enquête France 5 en 2023, probablement bien plus : voir section « santé »). Le plan de rénovation de Marseille en Grand s’est révélé être une nouvelle source de profit pour les entreprises privées, en charge de l’entretien et de la maintenance, avec des coûts trois fois plus élevés par rapport à une gestion publique. L’encadrement des enfants est lui aussi insuffisant, notamment sur les temps du midi et après l’école, où l’on atteint parfois un adulte pour 60 élèves, loin du ratio réglementaire pour l’accueil collectif de mineur.es (1 adulte pour 14 enfants en maternelle, 1 pour 18 en élémentaire). À cela s’ajoute une restauration scolaire affaiblie par des années de privatisation, alors même que notre région regorge de producteur·rices de qualité. Enfin, Marseille connaît l’une des pires ségrégations scolaires du pays : écoles publiques affaiblies, concurrence avec le privé, 22 collèges des quartiers nord tous classés REP+, et une carte scolaire taillée pour éviter la mixité sociale. Ces constats montrent l’urgence d’une politique globale : rénover les bâtiments, renforcer l’encadrement et garantir enfin des repas sains et abordables à tous les enfants marseillais.
Axe 1DÉFENDRE L’ÉCOLE PUBLIQUE ET L’ÉGALITÉ D’ACCÈS
- Mesure 99
Garantir à chaque enfant des conditions d’apprentissage dignes et un accompagnement adapté. Exiger de l’État l’ouverture de postes d’enseignant·es pour atteindre des classes à taille humaine, comparables aux standards européens (19 élèves en moyenne), ainsi que le recrutement d’accompagnant·es d’élèves en situation de handicap ( AESH ) en nombre suffisant. Chaque enfant reconnu par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) devra bénéficier d’un accompagnement personnalisé, assuré par des AESH disposant d’un véritable statut. La Ville pourra compléter leurs contrats afin de garantir une continuité d’accompagnement, y compris sur le temps méridien.
- Mesure 100
Faire de la carte scolaire un outil de justice, de proximité et de mixité. Garantir une sectorisation scolaire transparente, inclusive et fondée sur la proximité, en fixant des règles simples et publiques, et en veillant à ce que chaque enfant dispose d’une école accessible à moins de quinze minutes à pied. Ouvrir une négociation avec le Département pour revoir également la sectorisation des collèges et assurer une cohérence à l’échelle du territoire.
- Mesure 101
Assurer l’égalité d’accès aux projets éducatifs, culturels et sportifs sur l’ensemble du territoire, en créant une régie municipale de transport scolaire et éducatif. Ces transports seront accessibles à tous les enfants marseillais, quel que soit leur quartier de résidence.
- Mesure 102
Affirmer la priorité donnée à l’école publique, avec des subventions municipales à l’enseignement privé limitées au minimum légal, dans le respect du principe d’égalité de traitement.
- Mesure 103
Faire de la Caisse des écoles un levier de justice sociale et d’égalité pour l’école publique. En faire un outil transparent et équitable, finançant les projets des écoles (séjours, actions pédagogiques) et soutenant concrètement les familles en difficulté (fournitures scolaires, cantine, etc.).
- Mesure 104
Créer un véritable réseau citoyen autour de l’école publique. Parce qu’une école forte s’appuie sur une communauté mobilisée, nous renforcerons les Délégué·es départementaux de l’Éducation nationale ( DDEN ) avec un appel à candidatures ouvert, et créerons une communauté active des Représentant·es de Parents d’Élèves ( RPE ) via la Plateforme Marseille ma ville (voir chapitre 1 ) pour partager besoins et solutions. Chaque année, une grande Fête de l’École publique sera organisée pour rassembler écoles, familles et quartiers autour des valeurs d’égalité et d’émancipation.
Axe 2RECONSTRUIRE ET ADAPTER LE BÂTI SCOLAIRE ET SES ALENTOURS
- Mesure 105
Mettre fin aux écoles surdimensionnées et reconstruire un réseau d’écoles de proximité à taille humaine, en lançant un nouveau plan école. Il sera fondé sur la concertation avec les parents, les équipes éducatives, les agents et les élu·es de secteur, ainsi que sur une analyse fine des besoins de chaque quartier. Programmer la rénovation et la construction d’écoles plus petites, sobres et adaptées aux usages réels, en s’inspirant de modèles de proximité éprouvés. Une planification claire garantira le relogement des élèves pendant les travaux et un maillage équilibré d’écoles à taille humaine dans toute la ville.
- Mesure 106
Rendre à la Ville la maîtrise de l’entretien et de la rénovation de ses écoles, en réintégreant la SPEM au sein des services municipaux d’ici la fin du mandat. Créer un corps municipal d’agent·es de maintenance de proximité présents dans les écoles pour assurer l’entretien courant et préventif, le suivi des installations et la coordination des entreprises extérieures intervenant sur site.
- Mesure 107
Protéger les enfants face au réchauffement climatique à l’école, en lançant un plan Ombre et Fraîcheur. Il permettra de végétaliser et désimperméabiliser systématiquement les cours d’écoles et leurs abords, afin de lutter contre les îlots de chaleur et améliorer le confort des élèves.
- Mesure 108
Sécuriser et apaiser les abords des écoles pour protéger la santé des enfants, avec davantage de Rues aux écoles. Piétonniser et végétaliser progressivement les abords, fermer la circulation aux heures d’entrée et de sortie, ou réduire fortement la vitesse des voitures lorsque la fermeture n’est pas possible. À terme, transformer ces rues en espaces apaisés, verts et adaptés aux enfants, conçus avec les habitant·es et les équipes éducatives.
- Mesure 109
Réduire durablement le bruit autour des écoles pour améliorer les conditions d’apprentissage, en lançant l’Opération 35 décibels. Revoir les plans de circulation, les limitations de vitesse et le déploiement des rues scolaires, afin de permettre l’ouverture continue des fenêtres en été et de limiter les nuisances sonores qui perturbent les apprentissages.
Axe 3GARANTIR DES REPAS SAINS ET LOCAUX DANS LES CANTINES
- Mesure 110
Reprendre la main sur la qualité, le goût et la provenance des repas, par la remunicipalisation des cantines. À long terme, remplacer la cuisine centrale industrielle par des cuisines de proximité non industrielles couvrant l’ensemble des écoles, assurant des repas livrés chauds et de meilleure qualité, et recruter des cuisinier·es.
- Mesure 111
Soutenir une alimentation saine, locale et durable à la cantine, en favorisant systématiquement les produits locaux. Sécuriser les approvisionnements en lien avec la filière bio locale, et rééquilibrer les menus en réduisant la part des protéines carnées au profit des protéines végétales, avec la mise en place d’une option végétarienne quotidienne.
- Mesure 112
Faire de l’accès à une alimentation digne un droit pour tous les enfants, en rendant la cantine gratuite. Un enfant sur cinq arrive à l’école le ventre vide et 8 millions de Français·es dépendent aujourd’hui de l’aide alimentaire. Bien manger, quel que soit le revenu de ses parents, ne doit pas être un privilège : nous en ferons un droit.
- Mesure 113
Assurer qu’aucun enfant ne commence la journée scolaire le ventre vide, par la mise en place de petits déjeuners gratuits, en priorité dans les quartiers populaires. Appuyer les associations et les régies de quartier qui le font, avec un soutien logistique, financier et une coordination municipale.
Axe 4RENFORCER L’ENCADREMENT, LE PÉRISCOLAIRE ET L’ÉMANCIPATION DES ENFANTS
- Mesure 114
Reconnaître pleinement le rôle éducatif des ATSEM et réduire leurs missions pour les affecter à 100 % sur le temps scolaire. Elles pourront ainsi se consacrer à l’accompagnement éducatif, au bien-être et à la sécurité des enfants, ainsi qu’au lien avec les enseignants et les familles. Requalifier massivement les contractuel·les pour leur donner un vrai statut de fonctionnaire.
- Mesure 115
Suivre et évaluer l’encadrement des enfants dans chaque école, par la mise en place d’un registre public et transparent des effectifs présents (ATSEM, AESH, agent·es d’entretien, animateur·rices). Présenté à chaque conseil d’école et consolidé à l’échelle de la ville, il permettra d’évaluer objectivement la qualité de l’accompagnement et d’ajuster les moyens.
- Mesure 116
Garantir l’accès à l’art et à la culture comme droit éducatif, en priorité dans les quartiers populaires. Renforcer la place de l’art à l’école par des jumelages avec les structures culturelles, des résidences d’artistes, la création de pôles d’éducation aux médias et à l’image (sur le modèle de l’Alhambra) et une augmentation significative des moyens pour diffuser des spectacles dans les écoles et les crèches.
- Mesure 117
Faire de l’animation un pilier de l’égalité des chances, en créant une filière municipale d’animateur·rices. Ils seront formés, stabilisés et reconnus comme des acteur·rices essentiels de l’éducation. Des équipes seront présentes dans les écoles, les centres sociaux et les quartiers pour garantir un encadrement éducatif, culturel, sportif et d’éducation à l’environnement à la hauteur des besoins des enfants.
- Mesure 118
Redonner aux centres sociaux un rôle central dans l’éducation et la vie des quartiers. Renforcer leur place dans le parcours éducatif en augmentant les subventions pluriannuelles et en soutenant des projets collectifs associant enfants, parents et associations autour d’activités, de soutien et d’accompagnement.
- Mesure 119
Assurer à chaque enfant un accompagnement scolaire gratuit et de qualité. Élargir le dispositif d’études dirigées et de soutien scolaire à toutes les écoles publiques de Marseille. Organiser sur le temps périscolaire des moments d’accompagnement encadrés par des animateur·rices et éducateur·rices qualifiés, en lien avec les enseignant·es volontaires, les associations partenaires et les centres sociaux.
4. Culture
Marseille est une ville d’une immense vitalité artistique, où la création est présente partout et sous toutes ses formes : spectacle vivant, cinéma indépendant, arts visuels, hip-hop, street art, radios associatives, etc. La majorité de cette vie culturelle repose sur les associations et les collectifs. Véritable levier d’émancipation, la culture permet aussi de partager une mémoire commune et de construire un imaginaire collectif. Pourtant, à Marseille comme ailleurs, la culture reste reléguée au second plan des priorités politiques : coupes budgétaires, privatisation rampante, politique culturelle à deux vitesses. Les grandes institutions ou regroupements de structures s’en sortent globalement, tandis que les lieux indépendants sont fragilisés, parfois sanctionnés pour leurs choix artistiques. Cela entraîne une uniformisation des imaginaires, des pressions policières, notamment sur la vie nocturne, et un manque de lieux de création et de diffusion. Des quartiers entiers restent sans équipements accessibles, et nombre de Marseillais·es sont éloignés de l’offre faute d’information ou de moyens financiers. L’enseignement artistique public est insuffisant, laissant les familles dépendre de cours privés, qui ne sont pas accessibles à tous·tes en raison de leur prix, ou de propositions associatives fragiles. Dans ce contexte, la culture devient un moteur de gentrification : hausse des loyers, déplacement des habitant·es, effacement des cultures populaires – comme en 2013 avec l’année Capitale européenne de la culture – et encore aujourd’hui avec des politiques tournées vers les touristes et les investisseurs. Il est urgent de défendre les biens communs culturels et de reconstruire un véritable service public des arts et de la culture. En dialogue constant avec les travailleur·ses de la culture, nous voulons remettre la création au cœur de notre politique municipale, et la protéger des logiques de marché. Cela permettra d’assurer une culture diverse, à l’image de la ville, et accessible à toutes et tous, sur l’ensemble du territoire.
Axe 1DÉFENDRE ET SOUTENIR LES MOYENS DE LA CRÉATION
- Mesure 120
Garantir la liberté de création et de programmation. Repenser l’attribution des subventions à partir d’un cahier des charges co-construit avec les lieux, les associations, les artistes et les publics, afin de garantir leur indépendance. Les aides seront conditionnées à des critères transparents, puis votées en conseil municipal et consultables publiquement (voir chapitre 1 - mesure 20 ). Il faudra aussi revenir sur les décisions arbitraires ayant entraîné fermetures et suppressions de structures.
- Mesure 121
Soutenir durablement les arts et la culture, en créant une Maison municipale de la création. Cette structure de coordination rassemblera un pôle public d’accompagnement professionnel et juridique gratuit, un service de l’emploi culturel, un guichet facilitant l’accès aux ateliers (mise en place d’une aide financière à la location d’atelier et garantie municipale), ainsi que des studios, salles de montage et espaces attribués selon des critères transparents. Elle intégrera aussi un centre de création numérique, un pôle d’aide à l’écriture (avec un soutien aux résidences) et un accompagnement à la transition écologique des lieux. La maison fera office de plateforme de prêt de matériel technique, acheté par la mairie ou mutualisé entre les équipes.
- Mesure 122
Faire de l’art un levier de transformation de l’espace public. Appliquer le 1% artistique, qui permet de consacrer 1% du budget à la commande d’œuvres d’art dans la construction, la rénovation et l’aménagement des bâtiments et espaces publics, en mettant en lien les artistes et les habitant·es.
- Mesure 123
Optimiser les ressources municipales au service de la création artistique. Recenser et mutualiser les lieux et les équipements existants, élaborer les conditions d’un dialogue régulier pour définir collectivement les besoins des artistes et structures en termes de lieux, espaces de travail et matériel. Créer, au sein de la maison municipale de la création, une plateforme qui recensera les lieux municipaux disponibles et leurs conditions d’accès, avec un agenda.
- Mesure 124
Mettre fin au manque d’espaces pour la création artistique, en créant un réseau de lieux de répétition, de stockage et d’exposition. Ils seront accessibles en priorité aux structures sans locaux.
- Mesure 125
Rendre public l’audit du bâti municipal et programmer en priorité la construction et la rénovation d’équipements de proximité dans les quartiers qui en manquent (cinémas, bibliothèques, etc.).
Axe 2RENFORCER L’AIDE AUX ASSOCIATIONS ET COLLECTIFS CULTURELS INDÉPENDANTS
- Mesure 126
Soutenir les artistes locaux, notamment émergents, et leurs équipes. Garantir des financements dédiés (voir chapitre 1 , mesure 29 ), via la commande publique, le développement de fonds municipaux (notamment d’art contemporain).
- Mesure 127
Protéger les lieux culturels indépendants et lutter contre la gentrification culturelle, en créant un service municipal dédié. Il sera chargé d’accompagner les collectifs installés dans des lieux précaires ou autogérés, de les protéger des expulsions et de faire le lien avec les institutions et les propriétaires. Il assurera aussi une veille active contre la gentrification culturelle.
- Mesure 128
Construire une politique de la nuit non répressive, en dialogue avec celles et ceux qui la font vivre. Sous la responsabilité d’un·e adjoint·e à la vie nocturne, créer un comité populaire de la nuit (voir chapitre 1 , mesure 8 ) comme à Paris, Lyon, Toulouse. Il réunira chaque mois riverain·es, gérant·es de lieux et pouvoirs publics afin de dialoguer, soutenir en priorité les lieux existants, puis engager la création de nouveaux lieux. Il lancera un plan d’insonorisation et préviendra les offensives sécuritaires de la préfecture (contrôles fréquents, fermetures administratives).
- Mesure 129
Garantir des lieux stables et accessibles pour les projets culturels indépendants. Mettre à disposition des locaux avec des baux de 3, 6 ou 9 ans et des loyers modérés. Ils seront attribués en priorité dans les quartiers populaires et aux projets non lucratifs.
- Mesure 130
Rééquilibrer l’accès à la culture sur l’ensemble du territoire marseillais. Créer de nouveaux lieux culturels en réhabilitant des locaux vacants ou en préemptant des commerces inutilisés, via des appels à manifestation d’intérêt, en priorité dans les quartiers aujourd’hui dépourvus d’espaces culturels.
Axe 3RENDRE LA CULTURE ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS
- Mesure 131
Faire de l’accès à la culture un droit effectif, quels que soient l’âge et les revenus, en renforçant la tarification sociale dans l’ensemble des structures culturelles. Conditionner les subventions importantes à ce critère, et dans les équipements municipaux, proposer des places à très bas coût ainsi que des gratuités ciblées selon l’âge ou les revenus.
- Mesure 132
Garantir des musées municipaux dotés d’orientations claires et de moyens à la hauteur. S’assurer de la rédaction de projets scientifiques et culturels pour les musées de la Ville, assortis d’objectifs précis, de calendriers de mise en œuvre et de moyens identifiés, ainsi que d’indicateurs de suivi.
- Mesure 133
Reconnecter les grands équipements culturels municipaux avec leurs publics. Redéfinir les projets artistiques de l’Opéra, de l’Odéon, des bibliothèques et des autres établissements en régie directe afin de renouer le lien avec les habitant·es. Maintenir l’Opéra comme lieu de création, diversifier les programmations et renforcer l’ouverture aux œuvres contemporaines et aux artistes locaux.
- Mesure 134
Démocratiser l’accès aux œuvres et soutenir la diffusion de l’art contemporain. Faire du Fonds communal d’art contemporain ( FCAC ) la base d’une artothèque, gérée par les bibliothèques municipales. Elle permettra l’exposition, le prêt et la diffusion d’œuvres dans les bibliothèques, les écoles et les musées municipaux, accompagnés d’actions de médiation.
- Mesure 135
Favoriser l’implication citoyenne dans la programmation artistique municipale (cinéma, théâtre, musées). Soutenir les associations culturelles et l’éducation populaire, et commencer par associer les comités de quartier autour de la programmation dans quelques lieux test. Développer des jurys citoyens, notamment dans le cadre des festivals.
- Mesure 136
Faire des lieux culturels de véritables espaces de vie de quartier, en ouvrant et adaptant leurs horaires en particulier des bibliothèques, au rythme des habitant·es. Elargir leurs usages au-delà des spectacles pour accueillir débats, rencontres, fêtes et cafés, avec des dispositifs d’accueil des enfants.
- Mesure 137
Rompre avec la hiérarchie entre cultures dites « élitistes » et populaires. Inciter les lieux culturels à s’ouvrir aux créations urbaines (hip-hop, rap, stand-up etc.) et soutenir les espaces inclusifs permettant l’expression de toutes les cultures présentes à Marseille.
Axe 4PRÉSERVER LE PATRIMOINE MARSEILLAIS ET LE VALORISER DANS SA DIVERSITÉ
- Mesure 138
Reconnaître le patrimoine comme un bien commun vivant, porté par les habitant·es, comme le reconnaît la Convention de Faro. Développer une politique patrimoniale fondée sur une vision élargie du patrimoine et de ses liens avec les communautés et la société.
- Mesure 139
Doter la Ville d’une gouvernance claire et démocratique du patrimoine, en créant une délégation municipale dédiée avec son propre adjoint·e. Elle s’appuiera sur une commission consultative extra-municipale réunissant élu·es, associations, historien·nes et habitant·es, afin de faire remonter les enjeux de préservation et de planifier les travaux nécessaires.
- Mesure 140
Rendre visibles, protéger et transmettre toutes les mémoires marseillaises. Soutenir les associations qui transmettent l’histoire antique, ouvrière, coloniale et migratoire de la ville. Engager avec l’État un plan de classement du patrimoine industriel et militant du XXème siècle (usine Haribo, Maison des dockers, Bourse du travail), naturel (voir chapitre 3 ) et immatériel, pour préserver ces lieux et mémoires essentiels.
- Mesure 141
Ancrer la diversité des cultures et des patrimoines marseillais dès l’école. Dans les écoles volontaires, mettre en place dès la maternelle et l’élémentaire un dispositif d’éveil aux cultures provençales et marseillaises, entendues dans toute leur diversité : langues et civilisations de l’Antiquité, langues régionales, créoles et langues des diasporas présentes à Marseille.
Axe 5DÉVELOPPER LA PRATIQUE ET L’ÉDUCATION ARTISTIQUE POUR TOUTES ET TOUS
- Mesure 142
Démocratiser massivement l’accès à l’enseignement artistique. En concertation avec les équipes, envisager la municipalisation de la Cité de la Musique afin d’augmenter de 50 % le nombre de places en musique, danse et théâtre d’ici la fin du mandat, d’aligner les statuts des enseignant·es sur la fonction publique, de garantir leur indépendance de programmation et de réduire les frais d’inscription pour les élèves.
- Mesure 143
Garantir un accès équitable à l’enseignement artistique sur tout le territoire, en créant des antennes du conservatoire. Commencer par le nord et le sud de la ville puis dans chaque secteur, les relier à des auditoriums, des espaces de répétition et d’enregistrement, et à des maisons de la musique (du rap, des musiques urbaines, etc.) ouvertes à toutes et tous.
- Mesure 144
Lever les freins financiers à la pratique musicale dès l’enfance, notamment pour les familles modestes, grâce à la mise à disposition d’instruments à bas coût.
- Mesure 145
Favoriser la mixité sociale dans les parcours artistiques scolaires. Ouvrir des classes artistiques à horaires aménagés (musique, théâtre, etc.) dans chaque secteur qui en est aujourd’hui dépourvu, en lien avec l’Éducation nationale, en veillant à la diversité sociale des élèves.
- Mesure 146
Faire de l’enseignement des arts plastiques un véritable service public, en créant une école municipale d’arts plastiques. Proposer une formation initiale, ainsi que des cours pour adultes, en lien avec les structures existantes et via une labellisation publique, afin de rompre avec la privatisation croissante de l’enseignement artistique.
- Mesure 147
Donner aux Beaux-Arts de Marseille les moyens et la reconnaissance nationale qu’ils méritent. Mener la bataille avec l’État pour obtenir le statut d’École nationale supérieure d’art, permettant l’accès aux financements nationaux, l’alignement des rémunérations des enseignant·es et un allègement de la charge financière pour la Ville.
- Mesure 148
Consolider le rôle des Maisons de la jeunesse et de la culture (MJC), comme piliers de l’éducation populaire, et développer leurs partenariats avec les centres sociaux.
5. Sport
Axe 1LANCER UN GRAND PLAN POUR L’APPRENTISSAGE DE LA NATATION
- Mesure 149
Garantir l’apprentissage de la natation comme un droit pour tous les enfants. Renforcer les dispositifs gratuits d’apprentissage de la natation dès le plus jeune âge : augmenter significativement les cours de natation, en optimisant les créneaux disponibles, en recrutant et en poursuivant la formation des maîtres-nageur·euses.
- Mesure 150
Lever les freins matériels à l’accès à la piscine pour les familles. Fournir à chaque élève de primaire, à la demande des parents, un kit piscine (maillot, bonnet, serviette) afin de garantir un accès réellement gratuit à l’apprentissage de la natation.
- Mesure 151
Permettre l’accès à la natation pendant l’été, en particulier dans les quartiers populaires. Multiplier par deux le nombre de piscines mobiles estivales et élargir leurs horaires afin de permettre au plus grand nombre d’enfants et d’adultes d’apprendre à nager.
- Mesure 152
Mettre fin aux projets coûteux, peu écologiques et peu accessibles de la majorité, figurant dans le plan d’investissement pluriannuel 2024-
- Mesure 153
Rénover un réseau de piscines publiques sobres, accessibles et réparties équitablement. Planifier la réhabilitation des piscines en mauvais état selon le modèle de la « piscine essentielle », inspirée par le nageur Alain Bernard, pour un coût maîtrisé de moins de 5 millions d’euros par équipement, contre des projets actuels dépassant 70 millions d’euros.
Axe 2RÉNOVER ET CONSTRUIRE DES ÉQUIPEMENTS SPORTIFS POUR TOUS·TES
- Mesure 154
Garantir un accès équitable aux équipements sportifs municipaux, en repensant l’attribution des créneaux dans les infrastructures municipales. Limiter le nombre de séances par club, en tenant compte du nombre d’adhérent·es et du respect des règles de subvention (voir chapitre 1 , mesure 25 ), afin d’éviter la monopolisation des lieux par certains clubs et d’assurer un accès juste à toutes les associations.
- Mesure 155
Améliorer la qualité du service public sportif et la transparence de la gestion. Mettre en place une interface permettant aux usager·es de signaler les dysfonctionnements et d’être informés des travaux, puis recruter à moyen terme les effectifs nécessaires pour élargir les amplitudes horaires (gardien·nes, maîtres-nageur·euses, etc.).
- Mesure 156
Remettre à niveau les équipements sportifs et réduire leur impact environnemental. Rénover les infrastructures existantes et planifier les travaux nécessaires (entretien, mise aux normes, rénovation thermique), et planifier la réduction de leur empreinte environnementale.
- Mesure 157
Développer une pratique sportive de masse grâce à des équipements sportifs de proximité, de qualité, et non genrés : futsals, city-stades ou terrains polyvalents. Ils seront situés à l’abri des nuisances (axes routiers, pollution) et respectueux de l’environnement, avec vestiaires, douches, WC et abri contre la pluie.
Axe 3POUR UN SPORT POPULAIRE, ACCESSIBLE PARTOUT ET À TOUTES ET TOUS
- Mesure 158
Garantir l’accès au sport pour tous les enfants, en particulier les filles, pour qui l’accès est plus compliqué. Créer une bourse municipale pour les filles et partiellement prise en charge pour les garçons de 4 à 17 ans. Elle sera basée sur le quotient familial unique, en partenariat avec des clubs engagés dans une tarification solidaire.
- Mesure 159
Valoriser et permettre l’accès au sport au plus grand nombre à travers un événement annuel permettant de faire découvrir les associations sportives (fête du sport, fête des associations, etc.).
- Mesure 160
Faire du sport un levier de santé publique et de bien-être quotidien. Créer des parcours sport-santé dans la ville en développant des espaces et équipements de proximité, écologiques et accessibles à toutes et tous (pistes de course, skate, sentiers, équipements dans les parcs et sur le littoral), favorisant une pratique libre et inclusive.
- Mesure 161
Ouvrir l’accès à la mer et aux sports nautiques au plus grand nombre. Créer de nouveaux clubs municipaux de voile et de plongée proposant des tarifs sociaux, en lien avec les dispositifs de classes découvertes et les centres de loisirs.
- Mesure 162
Défendre la liberté d’expression et le rôle social des supporters. Soutenir les groupes de supporters de l’OM lorsqu’ils sont menacés de dissolution pour des actes d’expression politique ou symbolique, comme ce fut le cas en 2025 à la suite du déploiement d’un tifo palestinien au Vélodrome.
- Mesure 163
Protéger les équipements sportifs de la marchandisation et de la privatisation. Refuser le « naming » par des marques des équipements sportifs municipaux et étudier la possibilité de mettre fin au contrat de nommage du stade Vélodrome. Elle permet à l’entreprise qui le finance d’associer son nom au stade sur une période de dix ans (jusqu’en 2026).
6. Santé
ENTRE CRISE DES MOYENS ET INALIGALITÉS D’ACCÈS En France, Marseille est l’une des villes les plus touchées par la ségrégation sociale, ce qui place l’égalité face à la santé comme un défi prioritaire à relever. Dans les quartiers Nord, l’offre de soins en médecine générale est deux, voire quatre fois moindre, que dans le reste de la ville. Le médecin traitant, quand il existe, est souvent le seul recours pour répondre aux besoins d’une population généralement précaire. Cette inégalité se cumule avec l’habitat insalubre, la pollution, les violences urbaines et le manque d’infrastructures pour la jeunesse, les personnes âgées et les familles. Sur l’ensemble de la ville, les défis restent nombreux. Les populations vulnérables (personnes précaires, sans-papiers, femmes victimes de violences entre autres) rencontrent des obstacles pour accéder aux soins et connaître leurs droits. L’offre de services reste déséquilibrée, notamment en santé mentale et prévention, avec des troubles psychiques sous-estimés, un accès limité aux spécialistes et une coordination difficile entre les acteurs de la santé. Enfin, le manque de moyens financiers pèse lourdement sur l’Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), contrainte de recourir à l’emprunt pour financer son fonctionnement. Il affecte aussi profondément les structures du médico-social, acteurs de terrain essentiels, dont les conditions de travail se dégradent de manière alarmante. La santé ne se limite pas aux soins : elle dépend des conditions sociales, économiques et environnementales et appelle une approche globale, centrée sur la prévention. Elle doit être accessible à toutes et tous, non seulement en matière de prise en charge, mais aussi de compréhension et d’information. Les citoyen·nes doivent pouvoir se réapproprier ces enjeux afin de défendre une santé au service de l’intérêt général, et non d’intérêts privés. Cela suppose enfin des moyens financiers à la hauteur, car l’austérité fragilise la santé de la population et finit par coûter plus cher à la collectivité.
Axe 1LUTTER CONTRE LES DÉSERTS MÉDICAUX ET GARANTIR UN ACCÈS À LA SANTÉ POUR TOUS·TES
- Mesure 164
Défendre l’hôpital public et mettre fin à son démantèlement. En lien avec les mobilisations syndicales et citoyennes, exiger l’arrêt des fermetures de services et la réouverture des lits supprimés, en utilisant pleinement le rôle de président·e du Conseil de surveillance de l’AP-HM comme levier politique.
- Mesure 165
Soutenir la mobilisation citoyenne pour modifier la loi et ouvrir enfin une Halte soins addictions (HSA) à Belsunce, conformément aux demandes des collectifs d’habitant·es. Déjà éprouvées à Paris et Strasbourg, les HSA réduisent les overdoses, les infections graves, les passages aux urgences et les tensions locales. À Marseille, toutes les conditions étaient réunies (cadre légal, financement de l’Agence régionale de santé, accord de l’État et engagement du programme municipal de 2020), mais la municipalité sortante n’a pris aucune mesure.
- Mesure 166
Démocratiser les politiques de santé et rendre les habitant·es acteurs des décisions, en créant un comité populaire (voir chapitre 1 , mesure 8 ) de la santé. Il réunira habitant·es, soignant·es, chercheur·euses et associations pour identifier les besoins et co-construire les politiques locales. En lien avec ce comité, ouvrir une Académie populaire de la santé proposant formations et ateliers, et publier sur l’application Marseille ma ville un état des lieux accessible des structures médicales.
- Mesure 167
Garantir un accès aux soins de proximité sur tout le territoire, en soutenant le développement de centres de santé municipaux pluridisciplinaires. La Ville ciblera en particulier les quartiers populaires, grâce à des appuis sur le foncier, des aides financières et, si nécessaire, l’embauche directe de soignant·es.
- Mesure 168
Aller vers les habitant·es pour lutter contre les déserts médicaux, par la mise en place d’une caravane sanitaire mobile. Elle sera dotée d’une équipe pluridisciplinaire, intervenant dans les quartiers sous-dotés en offre de soins.
- Mesure 169
Créer une mutuelle municipale solidaire pour les habitant·es de la ville, fondée sur une prise en charge éthique, sans dépassements d’honoraires ni conditions restrictives, afin de répondre à l’urgence de l’accès aux soins.
Axe 2AGIR SUR LES MILIEUX DE VIE ET L’AMIANTE POUR PROTÉGER LA SANTÉ
- Mesure 170
Protéger durablement la population et les agent·es face au scandale sanitaire de l’amiante, en lançant un plan de désamiantage massif. Sur dix ans, il sera financé par la Ville, la Région, l’État, les fonds européens et des actions en responsabilité contre les industriels. Réaliser un audit exhaustif de l’ensemble des bâtiments municipaux construits avant 2000 afin de disposer, pour la première fois, d’une vision complète permettant d’agir vite, à grande échelle et de manière coordonnée.
- Mesure 171
Garantir le droit à l’information et à la transparence sur les risques liés à l’amiante. Mettre en ligne, sur l’application Marseille ma ville, une base publique « Info Amiante » rassemblant l’ensemble des documents disponibles, notamment les dossiers techniques amiante (DTA), afin que personne ne découvre un risque trop tard.
- Mesure 172
Reconnaître les expositions passées et protéger les droits des agent·es municipaux.ales. Fournir systématiquement, y compris de manière rétroactive, une attestation d’exposition aux personnels ayant travaillé dans des bâtiments amiantés, garantir leurs droits en matière de santé et de suivi médical, et créer un registre municipal des expositions transmissible à la médecine du travail pour assurer un suivi régulier, traçable et adapté.
- Mesure 173
Protéger la santé des habitant·es face aux pollutions en créant un Observatoire Santé–Environnement public et accessible (voir détails chapitre 3 , mesure 197 ).
Axe 3PRENDRE SOIN DE LA SANTÉ MENTALE DES JEUNES ET DES PLUS FRAGILES
- Mesure 174
Faire de la santé mentale une priorité de santé publique municipale. Élaborer un plan municipal de prévention et d’accueil des personnes en souffrance psychique, incluant un soutien renforcé aux Centres Médico-Psychologiques (CMP), la réouverture des CMP fermés et l’extension de ceux existants.
- Mesure 175
Garantir un accès au logement stable et à l’accompagnement pour les personnes en grande souffrance psychique. Augmenter le nombre de logements temporaires ou semi-permanents réservés aux personnes sans domicile souffrant de troubles psychiques, sous forme de logements pérennes disséminés dans la ville et assortis d’un suivi médico-social renforcé, en lien étroit avec l’AP-HM.
- Mesure 176
Intégrer pleinement la santé mentale dans la démocratie sanitaire locale, en développant le Conseil d’Orientation en Santé Mentale prévu par la loi. Il sera en lien avec le conseil populaire de la santé, afin d’assurer sa pleine intégration dans la politique de santé publique municipale.
- Mesure 177
Aller vers les personnes les plus isolées pour prévenir les ruptures de soins, en renforçant les équipes de maraudes médico-sociales, avec une présence accrue dans les gares, les quartiers populaires et les zones d’errance.
- Mesure 178
Garantir un accès effectif à la santé mentale pour tous les enfants et les jeunes. Exiger de l’Éducation nationale le développement des services de médecine scolaire, d’infirmerie et de psychologie, afin que chaque élève scolarisé puisse bénéficier d’un accompagnement adapté.
Axe 4RENFORCER LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DES FEMMES
- Mesure 179
Garantir une prise en charge globale et digne des femmes en situation de précarité ou victimes de violences. Aider et soutenir le développement de structures d’accueil dotées d’équipes pluridisciplinaires, en particulier dans les quartiers sous-dotés, afin d’assurer un accompagnement médical, social et psychologique adapté.
- Mesure 180
Rendre l’information accessible à toutes les femmes, quels que soient la langue ou le quartier, en créant un pôle d’information multilingue. Il centralisera l’ensemble des ressources d’aide sur une plateforme unique, et diffusera largement ces informations dans l’espace public, les transports, les centres de soins et les quartiers isolés.
- Mesure 181
Donner à chaque femme les moyens de comprendre et de prendre soin de sa santé tout au long de sa vie. Diffuser un livret de santé des femmes abordant les différentes étapes de la vie, la santé mentale et sexuelle, ainsi que la prévention des MST/IST, distribué largement dans les écoles, les centres sociaux et les lieux de soins.
- Mesure 182
Mettre fin à la précarité menstruelle et renforcer la prévention en santé sexuelle. Installer des distributeurs gratuits de protections menstruelles, faciliter l’accès aux préservatifs et aux dépistages, soutenir le Planning familial et les centres IVG, et mener des campagnes régulières d’information et de prévention.
- Mesure 183
Reprendre la main sur la propreté pour un service plus juste et moins cher, à travers une régie publique pour collecter et traiter les déchets , au lieu de les confier à une multitude d’entreprises privées. Cela permettra d’avoir le même niveau de service partout, notamment dans les quartiers Nord et le centre ancien, et de rendre publics chaque année les coûts, les quantités collectées et les résultats du tri, quartier par quartier.
- Mesure 184
Mettre fin aux déchets jetés dans la rue et nettoyer plus vite, en créant un centre de commandement opérationnel unifié à l’échelle de la ville pour coordonner le nettoyage et intervenir rapidement sur les dépôts sauvages. Renforcer la brigade de l’environnement sur le terrain pour contrôler et sanctionner les dépôts professionnels (artisans, commerçants, chantiers).
- Mesure 185
Adapter la collecte aux besoins réels de chaque quartier. Avec les habitant·es et les comités de quartier, la Ville fera un diagnostic local pour ajuster les jours de passage, le nombre de bacs et les équipements nécessaires. Là où c’est utile, de nouveaux points de tri, bacs pour le carton ou ressourceries de proximité seront créés.
- Mesure 186
Réduire les déchets pour faire baisser la taxe. Des équipes d’accompagnement au tri iront au contact des habitant·es pour expliquer, équiper et faciliter le tri et le compostage. Moins de déchets enfouis ou brûlés, c’est moins de dépenses inutiles et, à terme, une taxe d’enlèvement des ordures ménagères plus basse.
- Mesure 187
Mieux trier dans les immeubles, pas seulement dans la rue. La Ville mettra en place une charte du tri avec les bailleurs sociaux et les syndics pour : améliorer l’aménagement des locaux poubelles et l’information des résident·es. La collecte de déchets dans les voies privées sera conditionnée à des engagements clairs pour améliorer le tri et éviter les débordements.
- Mesure 188
Généraliser le compostage dans toute la ville.Des composteurs collectifs seront installés dans chaque parc et au pied des grands ensembles pour éviter que les déchets alimentaires finissent à la poubelle. Cela permettra d’anticiper la fin de l’enfouissement, prévue en 2030, et de réduire la pollution.
- Mesure 189
Faire des écoles et bâtiments municipaux des exemples de propreté et de tri. Réintégrer la collecte des déchets scolaires et municipaux dans la régie publique et transformer les écoles en sites pilotes de tri et de compostage pédagogique dès le plus jeune âge.
- Mesure 190
Renforcer le contrôle des entreprises en les obligeant à conserver leurs déchets sur site et à assumer intégralement les coûts de leur collecte (paiement de la redevance spéciale).
- Mesure 191
Déployer des déchetteries locales sur l’ensemble du territoire pour faciliter le dépôt des déchets professionnels.
7. Propreté
RENDRE LA VILLE PROPRE, MIEUX VALORISER LES DÉCHETS ET FAIRE BAISSER LA FACTURE La saleté de Marseille est devenue si banalisée qu’elle semble parfois faire partie de l’identité de la ville, au point que beaucoup finissent par croire qu’elle est inévitable. Pourtant, cette situation n’a rien à voir avec un prétendu manque de civisme ou le travail des éboueurs : elle résulte avant tout de choix politiques et de l’absence d’une stratégie claire et durable. Aujourd’hui, la gestion des déchets est morcelée entre la Métropole, la Ville et une multitude de prestataires privés, sans pilotage unifié. Cette fragmentation et la multiplication des marchés publics ont entraîné une forte hausse des coûts - avec une taxe d’enlèvement des ordures ménagères en hausse de 18,1 % à Marseille contre 9,37 % en moyenne nationale - ainsi que des dysfonctionnements récurrents et des performances de tri insuffisantes. Même la collecte des déchets des écoles est confiée au privé, une aberration coûteuse et inefficace. Face à ce constat, nous proposons une refonte complète de la politique de gestion des déchets et de l’entretien des espaces publics, pour rendre Marseille propre et faire baisser la facture.
Chapitre IIISe préparer à l'urgence écologique
1. Planification populaire
PLANIFIER ET S’ADAPTER COLLECTIVEMENT POUR AFFRONTER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE La ville doit s’organiser face à l’urgence climatique, pour protéger les plus vulnérables d’entre nous et renforcer les solidarités déjà présentes dans nos quartiers. Pour cela, il faut relier l’action publique, aux savoir-faire locaux et aux besoins concrets des habitant·es. Même si les transformations à mener dépassent souvent l’échelle communale, la mairie reste un acteur décisif pour le foncier, la commande publique, les financements, et la mise en réseau des acteurs. La ville devra aussi s’adapter aux réalités climatiques : réduire la chaleur, préparer les quartiers aux risques d’incendies, d’inondations, ou d’accidents industriels. Les capacités d’auto-organisation, la confiance et l’entraide entre habitant·es seront essentielles pour réagir rapidement et efficacement. Nous défendrons une écologie construite avec les citoyen·nes, garantissant une action publique cohérente, organisée et vraiment équitable.
Axe 1FAVORISER L’INTERVENTION POPULAIRE À TOUS LES NIVEAUX
- Mesure 192
Partir des besoins réels des habitant·es pour planifier la transition écologique. Construire un diagnostic partagé des urgences locales (chaleur excessive, rues inondées, écoles exposées à l’amiante, etc.) au sein des comités de quartier (voir chapitre 1 , mesure 6 ).
- Mesure 193
Faire de la planification écologique un chantier démocratique, en créant un comité populaire de planification écologique. Porté par les associations et les collectifs d’habitant·es, il sera chargé de co-construire les priorités de la ville et de suivre l’action publique pour une Marseille vivable et juste face au dérèglement climatique.
- Mesure 194
Donner à tous·tes les moyens de comprendre et d’agir, en lançant un plan d’éducation populaire à l’écologie. Doté d’un budget dédié, il sera déployé dans les écoles, les centres sociaux et le tissu associatif. Un financement spécifique sera dédié à la mise en place d’une Bibliothèque de l’écologie et de la nature afin d’en faire un lieu public de transmission, de recherche et d’éducation à l’écologie.
- Mesure 195
Ancrer l’écologie dans la vie quotidienne des quartiers et constituer, au sein des comités, un réseau de référent·es. Ils seront formés pour sensibiliser sur les grandes thématiques de l’action publique en lien avec l’écologie : risques climatiques, déchets, cadre de vie, etc.
Axe 2LUTTER CONTRE LES INJUSTICES ENVIRONNEMENTALES
- Mesure 196
Piloter démocratiquement la bifurcation de la ville en renforçant la délégation à la planification écologique. Elle coordonnera les services municipaux, en lien avec la direction générale des services, évaluera les politiques publiques et garantira la transparence et le contrôle citoyen.
- Mesure 197
Faire de la commande publique un levier majeur de la bifurcation écologique en renforçant les clauses environnementales dans tous les marchés municipaux. Le faire en lien avec le comité populaire de la commande publique (voir mesure 9 , chapitre 1 ), notamment par une prise en compte systématique du bilan carbone des entreprises sélectionnées et des impacts environnementaux potentiels.
- Mesure 198
Réintroduire massivement la nature dans les quartiers populaires en mobilisant l’ensemble des financements disponibles (fonds vert, FEDER, etc.) pour lutter contre l’hyper-bétonisation et désenclaver ces quartiers coupés par des autoroutes urbaines ou des voies ferrées.
- Mesure 199
Protéger la santé des habitant·es face aux pollutions en créant un Observatoire Santé-Environnement public et accessible. Il mettra en place de nouveaux outils pour surveiller la qualité de l’air et de l’eau, le bruit, les températures et la présence de polluants comme les PFAS, en commençant par les écoles et les crèches. Il pilotera un audit environnemental complet du bâti scolaire pour orienter l’action publique là où les risques sont les plus élevés.
Axe 3S’ADAPTER À LA HAUSSE DES TEMPÉRATURES
- Mesure 200
Protéger les plus vulnérables face aux vagues de chaleur en adoptant un plan canicule renforcé. Multiplier les lieux d’accueil frais, y compris par réquisition si nécessaire, à destination des personnes âgées, des enfants, des femmes enceintes, des personnes en situation de handicap et des personnes sans domicile.
- Mesure 201
Garantir des espaces de fraîcheur accessibles à tous·tes en élargissant les horaires d’ouverture des parcs, plages et jardins durant les périodes de forte chaleur.
- Mesure 202
Rafraîchir les rues les plus exposées grâce à un plan d’ombrage dans les espaces trop étroits pour planter des arbres. Installer des voiles, pergolas végétalisées ou structures d’ombre co-construites avec les habitant·es, en priorité autour des écoles et dans les quartiers denses.
- Mesure 203
Faire baisser durablement la température en ville en déployant une stratégie ambitieuse de végétalisation et de ventilation naturelle : diagnostics par arrondissement, objectifs chiffrés (arbres plantés, surfaces végétalisées), création de micro-forêts urbaines et suivi public des avancées, en ciblant d’abord les quartiers les plus bétonnés.
- Mesure 204
Construire et aménager une ville adaptée au climat méditerranéen en transformant les espaces publics et les nouvelles constructions selon les principes provençaux : ombre, fraîcheur, ventilation naturelle, arbres et points d’eau, en encadrant strictement les promoteurs via le PLUi et la charte de la construction durable.
Axe 4PRÉPARER LA VILLE ET SES HABITANT·ES AUX ÉPISODES EXTRÊMES
- Mesure 205
Anticiper les risques climatiques dans l’aménagement de la ville en mettant à jour les cartes des risques. Rendre leur prise en compte obligatoire lors d’appels d’offres dans toutes les décisions d’urbanisme. Protéger en priorité les quartiers les plus exposés à la chaleur, aux inondations et aux incendies.
- Mesure 206
Garantir une réponse rapide en cas de crise en constituant des réserves municipales de biens essentiels (médicaments, aliments non périssables) mobilisables localement en situation d’urgence.
- Mesure 207
Renforcer la résilience populaire face aux catastrophes en créant un réseau municipal d’entraide. Il formera massivement les habitant·es aux premiers secours, en lien avec les associations, pour assister les personnes fragiles, relayer les alertes et appliquer les consignes d’urgence.
- Mesure 208
Reconstruire autrement après les catastrophes en adoptant un plan de reconstruction post-crise. Il évitera de rebâtir dans les zones dangereuses : adaptation ou déplacement des bâtiments exposés, renforcement des normes, et renoncement à construire dans les secteurs à haut risque.
2. Ressources collectives
EAU, ÉNERGIE, ALIMENTATION : REPRENDRE LE CONTRÔLE DES COMMUNS ESSENTIELS Après des années de privatisation, l’accès à l’eau, à l’électricité, au frais ou à la chaleur n’est plus garanti pour les habitant·es les plus vulnérables. Or, ces ressources ne sont pas des marchandises. Ce sont des communs : des biens essentiels que nous partageons et qui doivent être gérés collectivement, et non abandonnés aux logiques du profit. Reprendre la main sur ces services permettra de fixer des tarifs justes, investir là où c’est nécessaire, et faire respecter le droit de chacun·e à une vie digne. Une fois élu·es, nous engagerons un audit complet des services confiés au privé afin d’identifier ceux qui doivent être municipalisés, avec l’objectif de créer des régies ou des sociétés locales réellement au service des habitant·es.
Axe 1GARANTIR LE DROIT D’ACCÈS À L’EAU
- Mesure 209
Gérer l’eau comme un bien commun grâce à une régie publique, locale, transparente et sans logique de profit. Elle sera dotée de son propre budget et d’un conseil d’administration qui associera citoyen·nes et travailleur·euses.
- Mesure 210
Assurer un accès juste et universel à l’eau en instaurant une tarification sociale fondée sur les besoins. Garantir la gratuité des premiers mètres cubes indispensables à la vie, et un prix plus élevé pour les usages excessifs (piscines, grands jardins, arrosages intensifs, etc.). Ceux qui polluent ou consomment le plus paieront davantage.
- Mesure 211
Rééquilibrer les usages de l’eau du massif de l’Étoile, actuellement captée par des infrastructures comme les data centers, pour la réorienter vers des besoins locaux : agriculture de proximité, arrosage des parcs publics ou nettoyage des routes. Développer les solutions de collecte et de stockage des eaux de pluie pour ces mêmes usages.
Axe 2DÉVELOPPER UNE ÉNERGIE PROPRE ET ACCESSIBLE
- Mesure 212
Sortir du chauffage fossile et garantir une énergie propre et abordable en créant un réseau public de chauffage et de refroidissement écologique à l’échelle de la ville. Alimenté par la chaleur solaire, la fraîcheur de la mer ou la récupération d’énergie (Data Centers, industries), il remplacera progressivement les chaudières au gaz, réduira la pollution et fera baisser les factures dans le parc public comme privé.
- Mesure 213
Démocratiser la production et le partage de l’énergie en soutenant des communautés locales d’énergie renouvelable. Elles réuniront producteur·rices et habitant·es d’un même territoire, et permettront de développer des solidarités énergétiques, notamment tarifaires, au plus près des besoins.
- Mesure 214
Lutter contre la précarité énergétique par la rénovation massive des logements en créant une coopérative municipale d’éco-rénovation. Dans le cadre du programme de renouvellement urbain populaire et écologique (voir chapitre 3, mesure 253 ), la priorité sera donnée aux immeubles dégradés et aux logements sociaux, avec un accès facilité aux matériaux écologiques et à la formation des professionnel·les pour des logements mieux isolés, plus sains et moins coûteux à chauffer.
- Mesure 215
Produire de l’énergie renouvelable et réparer la ville, en déployant des canopées solaires au-dessus des autoroutes urbaines et des canaux. Ces infrastructures permettront l’autoconsommation collective pour les ménages voisins, créeront des liaisons piétonnes entre les quartiers enclavés, réduiront le bruit et la pollution, et favoriseront la récupération de l’eau de pluie pour les espaces verts.
Axe 3ASSURER LE DROIT À UNE ALIMENTATION DE QUALITÉ
- Mesure 216
Garantir un droit effectif à l’alimentation pour tous·tes en soutenant les expérimentations de Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) portées par la Collective marseillaise pour l’alimentation et les communs (COMAC). En respectant leur autonomie, la Ville facilitera l’accès aux financements, mettra des locaux à disposition et appuiera la mobilisation des habitant·es autour de ces caisses solidaires où chacun·e contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.
- Mesure 217
Rendre l’alimentation locale plus accessible dans les quartiers en renforçant les circuits courts entre épiceries de proximité et produc-teur·rices locaux. La Ville soutiendra la création de coopératives d’achats permettant aux épicier·es de mutualiser commandes, logistique et coûts.
- Mesure 218
Démocratiser la politique alimentaire en créant un comité populaire pour l’alimentation (voir chapitre 1 , mesure 8 ). Il réunira producteur·rices, commerçant·es, restaurateur·rices, grandes surfaces, associations, chercheur·euses et institutions. Ce comité participera au pilotage du PAT, du Projet Agri-Alimentaire Marseillais (PAAM), à la lutte contre le gaspillage et à l’accès de tous·tes à une alimentation de qualité.
- Mesure 219
Garantir des repas sains et de qualité dans les cantines scolaires en s’appuyant sur des cuisines de secteur. Cela permettra de préparer des menus frais et variés, à partir de produits locaux, plutôt que des plats industriels transformés (voir chapitre 2 , section école).
- Mesure 220
Développer une agriculture urbaine durable et accessible en sécurisant des terrains publics (friches, toitures, espaces périphériques) via des baux de longue durée (supérieure à 10 ans). L’agriculture urbaine sera intégrée au PLUi et aux projets d’aménagement, avec un guichet municipal unique pour accompagner les porteur·euses de projets.
- Mesure 221
Protéger la santé par l’alimentation en excluant les additifs chimiques problématiques des marchés publics. Déployer des programmes d’ordonnance verte, avec la distribution de paniers bio hebdomadaires pour les femmes enceintes et les familles les plus vulnérables.
Axe 4METTRE LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL
- Mesure 222
Limiter l’empreinte écologique du numérique à Marseille en instaurant un moratoire sur les nouveaux Data Centers. Imposer des critères stricts aux projets futurs : récupération de chaleur, alimentation 100 % renouvelable, sobriété foncière et souveraineté des données. Un audit complet de la consommation d’eau et d’énergie des Data Centers existants, notamment sur le port, permettra d’imposer des solutions plus durables, et de rappeler que ces infrastructures doivent rester secondaires pour Marseille.
- Mesure 223
Sécuriser les services essentiels “hors réseau” et réaliser un audit sur les usages du numérique dans les services municipaux en vue de réduire la dépendance aux multinationales du numérique . L’objectif est de mettre en place des systèmes sobres, efficaces et maîtrisés sans engendrer de dysfonctionnements.
- Mesure 224
Garantir la souveraineté numérique de la Ville en favorisant le logiciel libre et en luttant contre l’obsolescence programmée. La municipalité fera progressivement migrer ses outils informatiques vers des systèmes libres, plus durables et moins coûteux, et exigera des logiciels transparents et à code ouvert pour toute nouvelle création ou fourniture.
- Mesure 225
Réduire la fracture numérique et maîtriser l’impact environnemental des outils déployés. Soutenir des projets garantissant l’accès de tous·tes aux démarches en ligne et évaluer systématiquement leur empreinte écologique.
- Mesure 226
Encadrer l’usage de l’intelligence artificielle (IA) pour renforcer le service public, sans détruire l’emploi : déployer l’IA de manière ciblée et maîtrisée au sein de la municipalité, en protégeant les agent·es et en mettant l’innovation au service de l’intérêt général et de la réduction de la charge de travail liée au numérique.
- Mesure 227
Assurer l’indépendance et la sécurité des données publiques en créant un Data Center municipal écologique et souverain, dédié à l’hébergement des données stratégiques de la Ville et de ses établissements. Réduire ainsi la dépendance aux clouds privés et maîtriser les infrastructures numériques.
3. Protection de la nature
RÉINTRODUIRE LE VIVANT AU CŒUR DE LA VILLE À Marseille, la nature est à la fois omniprésente et trop souvent inaccessible : si 40 % du territoire est constitué d’espaces naturels en périphérie, le centre-ville manque cruellement de parcs, d’arbres et d’accès au littoral. En 75 ans, l’étalement urbain a fait disparaître près de la moitié des arbres, et la ville ne dispose plus que de 4,6 m² d’espaces verts publics par habitant·e, bien loin des recommandations de l’OMS. Or la nature est essentielle pour rafraîchir la ville, améliorer la qualité de l’air et préserver la santé. L’enjeu n’est donc plus seulement de planter, mais de repenser l’urbanisme comme un écosystème vivant : micro-forêts, toitures et façades végétalisées, refuges climatiques, parcs ombragés. Dans une ville dense et exposée aux chocs climatiques, la nature doit devenir un pilier de santé publique, d’égalité et de transformation écologique.
Axe 1STOPPER L’ÉTALEMENT URBAIN ET RAMENER LA NATURE AU CŒUR DE LA VILLE
- Mesure 228
Empêcher la disparition des sols naturels au profit de la spéculation foncière. Protéger les sols naturels, les jardins et les friches via le PLUi, en interdisant toute nouvelle construction Des projets participatifs seront lancés pour les transformer en espaces verts ouverts, favorables à la biodiversité et à la vie de quartier.
- Mesure 229
Construire là où c’est utile pour limiter l’étalement urbain et la dépendance à la voiture. Adapter les règles d’urbanisme afin de prioriser la construction de logements à proximité des écoles, transports, commerces et services de santé, en optimisant les infrastructures existantes et en évitant la bétonisation de nouveaux terrains.
- Mesure 230
Rafraîchir massivement la ville face au réchauffement climatique, en transformant places, toits accessibles, impasses et rues secondaires en îlots de fraîcheur (micro-forêts, plantations adaptées, fontaines, points d’eau). Des sites déjà étudiés (parvis ouest du Vieux-Port, haut de la Canebière, Corniche, toits du Centre Bourse) seront repensés, avec des objectifs chiffrés et une priorité donnée aux quartiers les plus minéralisés.
- Mesure 231
Recréer des continuités écologiques et remettre la nature au cœur de la ville, en développant un réseau naturel urbain. Requalifier les espaces verts existants, en créant de grands parcs sur les friches à caractère naturel, et valoriser la trame de l’eau : canal de Marseille, vallons secs, Huveaune, Jarret, Aygalades et Plombières.
Axe 2RENDRE LE LITTORAL PLUS ACCESSIBLE, VIVANT ET MIEUX PROTÉGÉ FACE AUX RISQUES
- Mesure 232
Mieux gérer le littoral en partant des usages et des besoins des habitant·es. Mener une enquête régulière et approfondie sur les usages récréatifs, culturels, sportifs (sports nautiques, pêche, baignade), scientifiques et économiques (commerce, plaisance) du littoral afin d’intégrer pleinement les attentes des habitant·es dans les décisions de gestion.
- Mesure 233
Garantir un accès populaire et universel à la baignade et au littoral en améliorant les parcs balnéaires existants. Créer des aménagements adaptés aux personnes à mobilité réduite et ouvrir de nouvelles plages à l’anse du Pharo ou à la digue du Large, ou un parc balnéaire aux Corbières.
- Mesure 234
Reconnecter les quartiers à la mer par des mobilités douces et sécurisées. Un réseau continu de pistes cyclables et de cheminements piétons végétalisés pourra relier les quartiers au littoral, notamment vers la Corniche et les plages de Corbières. Il sera intégré à un plan global de mobilité durable pour permettre à tous·tes de profiter du littoral.
- Mesure 235
Former et sensibiliser largement aux enjeux marins et climatiques, par la mise en place d’un programme d’éducation populaire à la biodiversité marine, à l’érosion et au changement climatique. Il incluera des activités extrascolaires en lien avec la nature (natation, classes bleues, sorties au Frioul, kayak) et des campagnes de sensibilisation.
- Mesure 236
Mettre fin aux rejets d’eaux usées dans la mer lors des épisodes pluvieux et dans la réparation navale. Planifier et réaliser les travaux nécessaires pour empêcher les débordements d’eaux usées vers la mer, avec un financement partagé entre collectivités et un soutien de l’État.
- Mesure 237
Protéger le littoral face à l’érosion et à la montée des eaux, en créant une grande zone humide à l’embouchure de l’Huveaune. Cela permettra de restaurer un écosystème naturel, protéger le littoral, renforcer la biodiversité et offrir de nouveaux espaces de nature en bord de mer, en repensant les infrastructures existantes comme l’hippodrome.
Axe 3CONSTRUIRE UNE POLITIQUE MUNICIPALE AMBITIEUSE POUR LE BIEN-ÊTRE ANIMAL ET LA BIODIVERSITÉ
- Mesure 238
Donner à la protection du vivant une place centrale dans l’action municipale, en créant un poste d’adjoint au respect du vivant. Il sera doté d’un budget dédié à la condition animale et à la biodiversité, sera chargé de coordonner les politiques locales impactant la faune et la flore, et de sensibiliser les habitant·es à la protection animale.
- Mesure 239
Garantir l’accès aux soins et à la protection pour les animaux en ville, en soutenant la création et le maintien de centres vétérinaires abordables et de refuges pour animaux domestiques et sauvages . Cela permettra d’aider les familles à soigner leurs animaux, prévenir les abandons et renforcer le bien-être animal.
- Mesure 240
Réguler les populations animales de manière éthique et efficace, en agissant contre la prolifération des rats et des pigeons. Le faire avec des méthodes efficaces et non cruelles, et soutenir - en lien avec les associations - la stérilisation, l’identification et la remise en liberté des chats errants, ou leur accueil en refuge lorsque nécessaire.
- Mesure 241
Garantir la transparence et le contrôle public des fourrières, en publiant chaque année un bilan détaillé précisant le nombre d’animaux capturés, identifiés, stérilisés, euthanasiés, relâchés ou rendus à leur propriétaire.
- Mesure 242
Protéger durablement la biodiversité et la faune sauvage en ville, en créant et préservant des espaces refuges pour la faune sauvage. Protéger les friches naturelles et aménager des zones accueillantes dans les quartiers denses, afin d’offrir des habitats indispensables, notamment aux pollinisateurs.
4. Économie et emploi
VERS UNE ÉCONOMIE LOCALE ET DURABLE Nous devons repenser notre économie en profondeur. Elle ne peut plus être livrée aux seules lois du marché, qui ignorent les limites de la nature et ne réduisent ni les émissions de carbone ni les injustices sociales. Cette exigence est d’autant plus forte que la ville cumule les vulnérabilités : forte exposition au changement climatique, quartiers enclavés éloignés de l’emploi et de la formation, 60 000 chômeur·euses dont une forte proportion nonqualifiée, et un quart de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Ces fragilités pèsent sur le pouvoir d’achat et freinent l’économie locale. Nous défendons une conviction claire : l’économie doit redevenir un choix politique, guidé par l’intérêt général et la préservation du vivant. Nous voulons une économie locale et productive, créatrice d’emplois, fondée sur l’accueil d’entreprises adaptées au territoire, plutôt que sur une attractivité métropolitaine qui ne profite pas à l’emploi des Marseillais·es. Basée sur la coopération, le recyclage et le low-tech , cette économie permettra de moderniser l’appareil productif et de créer des emplois durables, notamment pour la jeunesse. Marseille doit devenir le fer de lance de cette nouvelle économie. À l’échelle métropolitaine, en accueillant l’innovation dans des secteurs clés (santé, numérique, économie de la mer, etc.) ; et à l’échelle méditerranéenne, en affirmant son rôle de pôle de coopération et de dialogue entre les deux rives (voir chapitre 3, section « le port » et chapitre 4 , section « relations internationales »).
Axe 1RENFORCER L’ÉCONOMIE PRODUCTIVE POUR DES EMPLOIS LOCAUX ET ACCESSIBLES À TOUS·TES
- Mesure 243
Renforcer le lien de la municipalité avec les entreprises et les services de l’État en nommant un·e adjoint·e chargé de la ville productive. Il ou elle accompagnera également les artisan·es et industries locales dans une démarche de conversion écologique en lançant un groupe de travail des financeurs potentiels (Mairie, Métropole, Département, Région, État, Union Européenne, acteurs privés).
- Mesure 244
Rassembler les acteurs de l’économie locale en transformant la Conférence territoriale de l’emploi en comité populaire de l’emploi (voir chapitre 1 , mesure 8 ). Il réunira la Ville, la Métropole, France Travail, la Mission locale, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), ainsi que les acteurs économiques, associatifs et les représentant·es des salarié·es, afin de co-construire les politiques locales, coordonner les actions et assurer le suivi des projets.
- Mesure 245
Relancer l’activité productive en réhabilitant les friches industrielles et zones d’activités, municipales ou privées. La Ville identifiera les sites mobilisables, élaborera un plan de remise en valeur adapté aux besoins économiques, puis proposera ces espaces à la vente ou à la location. Ce plan sera partagé avec les collectivités et l’Établissement public foncier (EPF). À défaut de coopération, la Ville portera directement au moins deux projets. Pour les terrains privés, elle accompagnera les propriétaires et pourra garantir les loyers des entreprises accueillies.
- Mesure 246
Garantir le maintien et le développement des activités productives en étendant, dans le PLUi, les zones dédiées à l’artisanat et à l’industrie. Y inscrire clairement la volonté de la Ville de maintenir la vocation productive des zones industrielles ciblées, afin d’empêcher tout changement de destination et de lutter contre la spéculation foncière.
Axe 2RÉDUIRE LES INÉGALITÉS PAR L’EMPLOI ET LA QUALIFICATION
- Mesure 247
Favoriser l’accès à l’emploi durable pour les personnes peu diplômées grâce à un plan local d’accompagnement et de qualification. Mené avec la Maison de l’emploi, la Cité des métiers et les centres de formation, il ciblera en priorité cinq filières : services à la personne, restauration, commerce, logistique-entretien, et le BTP. Développer des formations, en alternance ou en reconversion, notamment vers les métiers de la transition écologique et numérique.
- Mesure 248
Créer des emplois locaux et améliorer le cadre de vie en développant des régies de quartier, en priorité dans les quartiers nord. Elles prioriseront des activités d’insertion comme la propreté, la médiation, la végétalisation ou la rénovation, tout en renforçant l’implication des habitant·es et la cohésion sociale.
- Mesure 249
Sécuriser l’emploi local en soutenant les groupements d’employeurs et les entreprises d’insertion. La Ville encouragera les entreprises, notamment les petites et moyennes, à mutualiser leurs besoins et leurs moyens, et proposer des emplois partagés. En lien avec le comité populaire de la commande publique (voir chapitre 1 , mesure 9 ), la Ville inclura des clauses sociales et d’insertion ambitieuses dans ses appels d’offres.
- Mesure 250
Identifier et choisir des territoires de Marseille pour s’engager dans la démarche « Territoire Zéro Chômeur » et créer des entreprises à but d’emplois, tout en veillant à ce qu’elles n’empiètent pas sur les besoins déjà couverts par des emplois de la fonction publique.
- Mesure 251
Demander à la Région de revoir le plan de formation, pour développer notamment les formations des métiers de la bifurcation écologique et s’adresser en priorité aux jeunes en rupture de parcours scolaire ou professionnel.
Axe 3ACCÉLÉRER LA BIFURCATION ÉCOLOGIQUE
- Mesure 252
Fédérer les acteurs de la bifurcation écologique, en organisant à Marseille un grand forum, à vocation internationale, pour valoriser les savoir-faire locaux, présenter les innovations du territoire et créer des synergies avec les habitant·es et de nouveaux partenaires.
- Mesure 253
Faciliter la reconversion vers des métiers écologiques en expérimentant à grande échelle un revenu de transition écologique dans l’éco-rénovation, l’agriculture et la logistique urbaine. Ce dispositif garantira un revenu aux actif·ves le temps de se former, de se reconvertir ou de transformer leurs pratiques professionnelles, afin de permettre une transition écologique juste, sans perte de revenus ni précarisation.
- Mesure 254
Réimplanter l’activité économique au cœur des quartiers, en intégrant des espaces de travail partagés pour les acteurs de l’ESS. Éviter de cantonner l’emploi dans des zones socialement cloisonnées comme Euromed, et utiliser ces lieux pour mutualiser locaux et espaces de stockage, tout en restant ouverts aux habitant·es.
- Mesure 255
Pour favoriser l’emploi local et la transition écologique, mettre en place un plan de renouvellement urbain populaire. Il répondra aux urgences (logements indignes, friches à reconvertir, espaces publics à végétaliser) et reposera sur un changement de modèle : soutien aux TPE/PME locales d’éco-rénovation (voir chapitre 3, mesure 212 ), usage de matériaux durables, formation des artisan·es et participation des habitant·es à chaque étape. Il s’appuiera sur trois outils : une coopérative municipale d’accès à la commande publique, un fonds public et citoyen pour la réhabilitation, et un plan de conseil-formation co-construit avec le comité populaire de l’habitat.
- Mesure 256
Encourager le développement de coopératives de production, d’énergie et de services, pour renforcer une économie locale, non capitaliste et durable. Des exemples réussis tels que SCOPTI ou Duralex ont permis de créer des emplois stables et ancrés dans le territoire.
- Mesure 257
Soutenir l’emploi de proximité dans les quartiers populaires en créant un fonds municipal d’innovation dédié aux projets portés par les habitant·es. Ce fonds apportera un appui financier, de l’ingénierie et un accès au foncier, avec une sélection des projets assurée par le comité populaire de l’emploi.
- Mesure 258
Offrir des débouchés professionnels dans les métiers de la transition écologique aux jeunes éloignés de l’emploi, en soutenant l’ouverture de nouvelles Écoles de la Transition Écologique (ETRE). Après l’école dédiée aux métiers du vivant, la Ville accompagnera la création de formations autour de la cyclo-logistique et des énergies marines.
Axe 4RENFORCER LE SOUTIEN AUX COMMERCES ET ARTISAN.ES MARSEILLAIS
- Mesure 259
Garantir des commerces de proximité accessibles et utiles aux habitant·es en renforçant la foncière commerciale municipale et en l’ouvrant à l’activité artisanale. La Ville pourra acquérir des murs, rénover des locaux et les relouer à des loyers abordables, en priorité dans les rues en déclin et les quartiers sous-dotés, pour soutenir l’artisanat local et recréer des centralités vivantes.
- Mesure 260
Protéger et faire vivre les marchés marseillais comme piliers du lien social et de l’économie locale. Renouveler automatiquement les arrêtés arrivant à échéance, harmoniser les règles d’attribution et assurer une présence politique régulière grâce à des élu·es référents et un dialogue constant avec les commerçant·es.
- Mesure 261
Garantir un accès équitable et transparent aux places de marché en professionnalisant la gestion municipale : formation de placiers qualifiés, application stricte des règles, réduction des délais d’attente et commissions d’attribution plus fréquentes et pleinement transparentes.
- Mesure 262
Améliorer durablement la propreté et l’attractivité des marchés et des rues commerçantes grâce à des équipes dédiées au nettoyage et au lavage, à une meilleure gestion des déchets, ainsi qu’à des abords sécurisés, éclairés et équipés d’un mobilier adapté pour garantir de bonnes conditions aux commerçant·es et aux habitant·es.
- Mesure 263
Reconnaître et accompagner l’économie populaire et informelle en créant un poste d’adjoint dédié. Ouvrir des espaces de vente régulés pour les récupérateur·rices, vendeur·euses et micro-entrepreneur·euses précaires. En valorisant ces activités plutôt qu’en les criminalisant, la Ville leur donnera une place et un statut dans l’économie marseillaise.
- Mesure 264
Garantir l’avenir du Marché aux Puces et du secteur de Gèze, en menant le bras de fer avec Euromed si nécessaire, et en imposant une transparence totale sur les projets urbains. La Ville s’engagera à maintenir ce grand pôle de commerce populaire à Marseille.
- Mesure 265
Protéger les commerces de proximité et freiner la transformation des centres-villes en zones touristiques, en imposer une autorisation préalable à toute transformation de local commercial en meublé touristique, conformément à la loi du 1er juillet 2021.
5. Le port
UN PORT AU SERVICE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET PRODUCTIVE DE MARSEILLE Marseille est une ville née de la mer. Fondée il y a plus de 2 600 ans, elle s’est construite autour de son littoral et de son port, le plus vieux d’Europe. La mer n’est pas seulement un décor : elle constitue une part essentielle de l’identité de la ville. Sur le plan politique, elle symbolise la puissance populaire et rappelle que Marseille n’est pas au bout de la France, mais un véritable carrefour de la Méditerranée et du reste du monde. Elle est un moteur économique : elle dynamise le tourisme, soutient l’innovation durable et favorise l’industrie, notamment avec le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). La mer est aussi au cœur des traditions culturelles, et les métiers maritimes (marins, dockers, réparation navale, portuaires, artisan·es etc.) sont autant de symboles de l’histoire ouvrière de la ville et de son avenir. Aujourd’hui, la moitié du littoral marseillais est occupée par un port qui emploie de moins en moins, tandis que les habitant·es n’ont quasiment aucune prise sur les décisions qui y sont liées. Pour que le port reste une force durable, nous devons repenser l’économie maritime avec méthode et ambition, et refonder notre rapport à la nature. Nous nous engageons clairement pour que les évolutions que nous proposons fassent l’objet d’une véritable concertation entre tous les acteurs : travailleur·ses, collectivités, habitant·es, entreprises et associations. Nous bâtirons ensemble un port vivant, conciliant activité économique, protection de l’environnement et justice sociale.
Axe 1CHANGER LA GOUVERNANCE DU PORT POUR LE TRANSFORMER AU SERVICE DE LA VILLE
- Mesure 266
Redonner à la Ville un rôle central dans la gouvernance du port de Marseille, en réorganisant son fonctionnement administratif. En attendant, engager un rapport de force démocratique avec l’Etat (notamment par des référendums locaux) pour renforcer la bifurcation écologique du port.
- Mesure 267
Redonner à la Ville la maîtrise économique et fiscale des Terrasses du Port et du Silo, en sortant ces sites de l’espace portuaire, afin de les intégrer pleinement à la planification urbaine et économique municipale.
- Mesure 268
Empêcher la privatisation du littoral et des équipements portuairesen abandonnant les projets du J4 en quai de croisière de luxe, et du J1 en hôtels-bureaux, au profit d’un projet de réhabilitation populaire mêlant logements, équipements publics, salles associatives et campus de la mer.
- Mesure 269
Rendre la mer accessible à tous·tes en autorisant la baignade libre dans des zones portuaires assainies, sécurisées et aménagées autour du port. L’accès doit être rendu gratuit et permanent dans le bassin du Mucem et la digue du large, fermée depuis 2001.
- Mesure 270
Garantir un accès gratuit et public au littoral en mettant fin au contrat de location entre la Ville et le Port pour la plage de Corbières, puis la sortir de l’espace portuaire.
- Mesure 271
Transformer le port en lieu de vie et d’emplois locaux en requalifiant le quai de la Lave en tiers-lieu maritime, un espace public vivant, fondé sur un projet citoyen existant, au service des habitant·es et des travailleur·euses portuaires.
Axe 2FAIRE DU PORT LOCAL LE CARBURANT DE L’ÉCONOMIE PRODUCTIVE
- Mesure 272
Former et créer des emplois maritimes durables en ouvrant une École des métiers de la mer, idéalement sur ou à proximité du port, pour accompagner la transition écologique et productive du secteur.
- Mesure 273
Préserver et développer l’emploi portuaire en soutenant les activités de réparation navale et de transport international de passager·es, et soutenir leur transition écologique.
- Mesure 274
Relancer une production portuaire utile et locale en réhabilitant les friches du port pour y accueillir des activités productives liées au maritime.
- Mesure 275
Soutenir une pêche locale, durable et rémunératrice en renforçant la filière du port de Saumaty, en lien avec le Marché d’Intérêt National des Arnavaux (MIN), et en garantissant l’achat de poissons locaux par la restauration collective publique.
- Mesure 276
Faire du port de Marseille un moteur de la décarbonation du transport maritime en développant le transport de marchandises à la voile, une solution particulièrement adaptée aux liaisons courtes en Méditerranée.
- Mesure 277
En lien avec le transport maritime, organiser des investissements massifs pour le transfert vers le ferroviaire : maintenir les cinq faisceaux ferroviaires sur Arenc, mettre au gabarit les tunnels pour assurer le raccordement aux voies ferroviaires principales, réaliser la rampe de Saint-André, dépolluer le tunnel du Soula, faire de la gare de Mourepiane un nœud logistique prépondérant pour le transfert par fret de la production marseillaise et régionale.
Axe 3DÉPOLLUER ET REPENSER LES ACTIVITÉS DU PORT
- Mesure 278
Maîtriser et décarboner l’énergie du port en l’électrifiant entièrement. La Ville imposera le raccordement à quai des ferries, du fret, de la réparation navale et des navires accostant, selon le principe pollueur-payeur. Un audit global de la consommation et un plan de production d’électricité durable garantiront l’alimentation des activités essentielles comme le transport, la pêche et la réparation navale.
- Mesure 279
Planifier la sortie totale du modèle des croisières sur le port de Marseille. Cette planification sera organisée via un débat public et un référendum, en garantissant la création d’emplois portuaires alternatifs sur le port pour ses salarié·es et en définissant un modèle touristique durable et profitable à la ville et ses habitant·es. Dans l’attente de cette transition, le nombre, le type et la taille des navires seront limités, en accordant l’accès uniquement aux quais déjà électrifiés. Les projets d’électrification supplémentaires pour les croisières seront suspendus.
- Mesure 280
Faire payer aux croisières le coût réel de leur pollution, en révisant l’ensemble des taxes qui leur sont appliquées. Cela permettra de financer directement l’électrification et la transition écologique. Une première étape consisterait à faire évoluer la loi afin d’autoriser la ville à instaurer une taxe de séjour sur les nuitées passées à bord des bateaux de croisière.
- Mesure 281
Construire un rapport de force international contre le modèle des croisières. Rejoindre et impulser des coopérations entre villes méditerranéennes et mondiales engagées dans la réduction ou la sortie des croisières.
- Mesure 282
Réduire drastiquement la pollution maritime en portant un plaidoyer méditerranéen pour instaurer des zones de contrôle plus strictes des émissions, interdire les filtres en circuit ouvert qui transfèrent la pollution de l’air vers la mer, et compléter la zone SECA (zone de contrôle des émissions de soufre) en vigueur depuis 2025 afin de limiter les émissions d’oxydes de soufre et d’azote, sur le modèle de la mer Baltique et de la mer du Nord.
6. Transports et mobilités
DÉSENCLAVER LA VILLE ET RÉPARER LES INÉGALITÉS Marseille souffre d’un retard structurel majeur en matière de transports publics. Deux lignes de métro, trois lignes de tramway et un réseau de bus lent et irrégulier ne couvrent qu’une partie des besoins réels. Cette faiblesse crée une ville enclavée où la majorité des déplacements se fait en voiture, aggravant pollution, embouteillages et dangers pour les cyclistes et les piétons, particulièrement les enfants. Cette réalité est accentuée par de fortes disparités territoriales : les quartiers centraux bénéficient d’une meilleure desserte, tandis que les périphéries sont largement négligées, en particulier dans les quartiers où les travailleur·euses les plus pauvres ont été installé·es. Cette situation témoigne du mépris des élu·es des majorités municipales qui se sont succédées pour toute une partie de la population, surtout les personnes les plus précaires et les personnes à mobilité réduite (PMR). Face à l’urgence climatique et sociale qui frappe Marseille, il est indispensable de repenser en profondeur la politique des transports publics. Nous devons développer massivement le réseau, avec l’objectif de le doubler, tout en garantissant une accessibilité universelle. Nous souhaitons récupérer les compétences mobilité et voirie à la Métropole, tout en menant dès maintenant le combat avec les habitant·es pour faire des transports une priorité et obtenir les investissements nécessaires.
Axe 1METTRE LE RÉSEAU EXISTANT EN ÉTAT ET PERMETTRE À CHACUN·E DE SE DÉPLACER
- Mesure 283
Rétablir un réseau de bus fiable et dimensionné aux besoins en lançant un plan d’urgence d’équipement et de recrutement : améliorer les conditions de travail pour embaucher de nouveaux conducteur·rices et accélérer le renouvellement du parc de bus électriques afin de doubler la capacité du réseau.
- Mesure 284
Étendre la gratuité des transports aux jeunes de moins de 26 ans et aux bénéficiaires des minima sociaux ainsi qu’aux chômeurs non indemnisés. Si cette mesure ne peut être mise en place au niveau de la métropole, la Ville prendra en charge le coût des abonnements.
- Mesure 285
Garantir l’accessibilité universelle des transports publics par un programme accéléré de mise aux normes PMR des arrêts de bus et des stations de métro encore inaccessibles (voir chapitre 4 , section « discrimination »). Dans l’attente, renforcer fortement le transport à la demande pour répondre rapidement à toutes les sollicitations.
- Mesure 286
Adapter les transports au rythme de vie des Marseillais·es en élargissant les horaires et en renforçant les fréquences. Prioriser les quartiers sous-desservis, rétablir un véritable service de nuit pour les bus comme pour le métro.
- Mesure 287
Refondre le réseau en s’appuyant sur les comités de quartier (voir chapitre 1 , mesure 6 ) et des études dédiées, pour mieux relier les quartiers entre eux. Rétablir des lignes directes entre périphérie et centre pour les personnes à mobilité réduite, créer des liaisons inter-quartiers sans passage obligé par le centre-ville, et renforcer les connexions vers les plages et les espaces verts, notamment l’été.
Axe 2DÉVELOPPER DES PARCOURS CONTINUS ET SÉCURISÉS POUR LES DÉPLACEMENTS À PIED ET À VÉLO
- Mesure 288
Redonner la priorité aux piéton·nes et aux personnes à mobilité réduite en créant de grandes liaisons piétonnes continues entre quartiers, écoles, services publics et pôles d’échange, avec des trottoirs larges, accessibles et dégagés. Piétonniser une partie de l’espace public (centres, marchés, abords des écoles) afin d’apaiser la circulation automobile et des deux-roues à moteur, et garantir des cheminements sûrs pour tous·tes.
- Mesure 289
Faire du vélo un mode de déplacement sûr et pratique au quotidien grâce à un réseau cyclable continu et séparé. Création de véloroutes pour traverser Marseille, et généralisation des doubles sens cyclables sur les rues adaptées. Déploiement massif de stationnements vélo sécurisés (arceaux, abris, box) à proximité des pôles de transport, commerces, écoles et services publics.
- Mesure 290
Rendre le vélo accessible à tous·tes en étendant le service Le Vélo à l’ensemble de la ville. Commencer par les quartiers aujourd’hui non desservis, avec la gratuité pour les moins de 26 ans et le soutien aux ateliers associatifs de réparation solidaire.
- Mesure 291
Apaiser la circulation et mieux partager l’espace public en généralisant les zones à 30 km/h, en multipliant les sens uniques pour les voitures, et en réaffectant la voirie aux piétons et aux cyclistes, avec une politique ferme contre le stationnement dangereux.
- Mesure 292
Optimiser la politique des forfaits post-stationnement afin de favoriser la rotation, améliorer la mobilité et sécuriser les abonnements des résident·es, dans le cadre du transfert de la voirie à la Ville ( chapitre 1 , section métropole, mesure 31 ).
Axe 3MENER LA BATAILLE POUR DOUBLER LE RÉSEAU DE TRANSPORTS
- Mesure 293
Construire un véritable RER métropolitain pour désenclaver les quartiers et la métropole. Rouvrir des gares, développer une intermodalité efficace et garantir des fréquences élevées sur les lignes de rocade via la Blancarde, afin de permettre des déplacements sans passage obligé par la gare Saint-Charles.
- Mesure 294
Désenclaver durablement le nord et l’est de Marseille en planifiant l’extension du métro en priorité vers ces territoires. Le lancement des études et des consultations publiques, y compris à l’échelle municipale, permettra d’engager un rapport de force pour faire avancer ces infrastructures indispensables.
- Mesure 295
Démocratiser la gouvernance des transports et mieux coordonner les mobilités en s’appuyant sur un comité populaire des transports (voir chapitre 1 , mesure 8 ) réunissant usager·es et collectivités. Il assurera le suivi du développement des infrastructures et leur bonne articulation avec le réseau de bus, les politiques de piétonnisation, les pistes cyclables et la circulation apaisée dans les noyaux villageois comme dans le centre-ville.
- Mesure 296
Renforcer le réseau de tramway comme colonne vertébrale des déplacements urbains en poursuivant son extension, notamment avec le tramway des Collines entre l’Hôpital Nord et La Valentine, sur la base d’études d’impact transparentes et d’une concertation réelle avec les riverain·es pour protéger logements et commerces de proximité.
- Mesure 297
Offrir une alternative rapide et fiable à la voiture sur les grands axes en créant des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) en site propre, connectées aux principaux pôles d’échanges (gares, métro, tramway, parkings relais) pour faciliter les correspondances.
- Mesure 298
Faciliter les correspondances et les usages combinés des transports en créant de véritables plateformes multimodales dans les grands points de connexion (parkings-relais, aires de covoiturage, stations de métro), intégrant stationnement sécurisé, notamment pour les vélos, et accès direct aux transports collectifs.
- Mesure 299
Développer des alternatives solidaires à la voiture individuelle en soutenant la création de coopératives d’autopartage à gouvernance ouverte (habitant·es, associations, collectivités, entreprises locales), fondées sur un modèle non lucratif et une tarification sociale.
Chapitre IVCombattre toutes les discriminations
1. Discriminations
Les discriminations touchent tous les domaines de la vie quotidienne, et se manifestent sous plusieurs formes. Elles peuvent être des violences directes, comme des agressions physiques ou des humiliations verbales ; des violences symboliques, lorsque des propos ou des stéréotypes banalisent un traitement inégalitaire ; et des violences sociales, qui contraignent à adapter constamment son comportement pour se protéger de nouvelles discriminations. À Marseille, ces réalités sont particulièrement visibles. Elles s’expriment d’abord à l’échelle territoriale, dans une ville profondément structurée par une répartition inégale des richesses, des services publics et des opportunités selon les quartiers. Au nord de la ville, l’accès à la culture, aux soins ou aux transports demeure limité, et dans les quartiers populaires, les discriminations sont quotidiennes : contrôles au faciès, agressions, refus de logement ou d’emploi. Ces mécanismes se cumulent et se renforcent mutuellement : une discrimination en entraîne souvent une autre, et enferme durablement les personnes concernées dans des parcours d’exclusion. La liste Marseille Fière et Populaire ne considère pas la lutte contre les discriminations comme une simple exigence morale, mais comme un projet de société concret, en rupture avec les structures qui reproduisent l’exploitation des femmes, des minorités de genre et des populations racisées. Notre action municipale reposera sur des principes clairs : visibiliser les discriminations, agir sur les mentalités, renforcer les acteurs de terrain et garantir une mairie accessible et engagée auprès des personnes concernées.
Axe 1RENFORCER LE RÔLE DE LA MAIRIE DANS LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ET TOUTES LES FORMES D’OPPRESSION
- Mesure 300
Mesurer et visibiliser les discriminations et mieux protéger les victimes à l’échelle municipale, en créant un Observatoire municipal des discriminations. En lien étroit avec les associations, collectifs et chercheur·euses, et placé sous la responsabilité d’un·e adjoint·e, il s’organisera autour de quatre pôles (handicap, sexisme, racisme, LGBTI), chacun disposant d’un lieu d’accueil, d’une permanence juridique gratuite et d’un numéro vert pour le signalement et l’accompagnement des victimes. Complémentaire de la Maison départementale de lutte contre les discriminations, l’Observatoire aura une mission locale d’analyse, de dialogue avec les acteur·rices et d’orientation des politiques municipales.
- Mesure 301
Garantir un service public municipal exemplaire face aux discriminations, en désignant un·e référent·e dans chaque service de la mairie. Il sera chargé du recueil des signalements en lien avec l’Observatoire, d’actions de sensibilisation, de l’amélioration de l’accueil des victimes et de l’évolution des pratiques de recrutement (CV anonymes, grilles d’évaluation communes, formation des recruteur·rices).
- Mesure 302
Rendre visibles et combattre les discriminations dans l’espace public en lançant, avec les associations, des campagnes publiques de lutte. Elles combineront affichages et événements lors des temps forts (8 mars, 21 mars, mois des fiertés, 25 novembre, etc.). Ces campagnes informeront sur les droits, relaieront le numéro vert de l’Observatoire, et recueilleront des témoignages pour orienter l’action municipale.
- Mesure 303
Reconnaître et transmettre l’histoire des luttes féministes, antiracistes, LGBTQIA+ et résistantes dans l’espace public. Renforcer le travail de mémoire, et soutenir la création d’un fonds d’archives dédié (voir section “exemples locaux”).
- Mesure 304
Soutenir concrètement les victimes de discriminations, en constituant la municipalité partie civile aux côtés de toute victime déposant plainte pour discrimination. La Ville pourra s’associer aux procédures, suivre les procès et demander réparation aux côtés des personnes concernées.
- Mesure 305
Faire de la lutte contre les discriminations une politique municipale transversale, en déployant des actions de sensibilisation dans tous les lieux et événements municipaux . Soutenir les interventions d’associations féministes, antiracistes et LGBTQIA+, et une programmation culturelle engagée dans tous les quartiers. Soutenir les enseignant·es dans la mise en œuvre d’actions d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle : promouvoir le respect de toutes les identités et intégrer pleinement les enjeux liés au consentement.
Axe 2METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE SPÉCIFIQUE DE LUTTE CONTRE LE SEXISME
- Mesure 306
Réduire concrètement les inégalités femmes-hommes dans les politiques municipales, par la mise en place d’un budget sensible au genre. Cela permettra d’évaluer concrètement l’impact des choix budgétaires sur les femmes et les hommes, et d’orienter les investissements vers la réduction des inégalités, en particulier dans les quartiers populaires. Cette méthode a déjà fait ses preuves à Lyon, Nantes ou Paris.
- Mesure 307
Garantir l’égalité professionnelle et les droits des femmes dans les services municipaux et chez les partenaires de la Ville. Renforcer la représentation des femmes à tous les niveaux, notamment par la parité dans les postes de direction, l’amélioration des conditions de travail et la mise en place d’un congé menstruel. La Ville conditionnera les subventions allouées à ses partenaires au respect des obligations légales en matière d’égalité femmes-hommes.
- Mesure 308
Donner aux mouvements féministes des moyens d’action pérennes et visibles en soutenant la création d’un centre féministe. Il sera mis à disposition des associations et collectifs pour se réunir, s’organiser, informer et agir. Il accueillera des actions de prévention, de santé et d’orientation, en lien avec le Planning familial, la Maison des femmes et les structures de dépistage. Il garantira, entre autres, l’accès à des protections menstruelles gratuites et sera en lien avec l’Observatoire municipal (voir mesure 297 ). La Ville soutiendra également les mobilisations du 8 mars en sécurisant les espaces publics et en finançant événements et initiatives, afin d’en faire une véritable journée de lutte féministe à Marseille.
- Mesure 309
Mieux protéger et accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles, en renforçant leur accueil. Développer l’hébergement d’urgence et prioriser leur accès au logement social, en lien avec les bailleurs. Créer un guichet unique au sein de l’Observatoire pour coordonner l’accompagnement avec les associations et les forces de l’ordre, afin qu’aucune victime ne soit laissée sans solution.
- Mesure 310
Faire de l’espace public et des équipements municipaux des lieux sûrs, inclusifs et accessibles. Intégrer partout des exigences de sécurité, de confort et d’accessibilité (éclairage, sanitaires dignes avec protections menstruelles, participation des femmes aux projets urbains, meilleure visibilité dans les noms de rues) et renforcer l’accès des femmes à tous les équipements municipaux, notamment sportifs. (voir chapitre 2 , section sport, axe 3).
Axe 3METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE SPÉCIFIQUE DE LUTTE CONTRE LE RACISME
- Mesure 311
Garantir l’égalité d’accès au logement et lutter contre toutes les discriminations résidentielles. Dans le logement social, soutenir l’anonymisation partielle des dossiers (nom, adresse actuelle), publier une grille publique d’évaluation, sensibiliser les bailleurs et les membres des commissions d’attribution à la lutte contre les discriminations, et assurer la traçabilité de leurs décisions. Dans le parc privé, mettre en place des dispositifs de médiation et d’accompagnement, en lien avec le comité populaire de l’habitat (voir chapitre 2 , mesure 51 ) et l’Observatoire des discriminations.
- Mesure 312
Combattre l’anti-tsiganisme au sein des institutions, en garantissant le respect des droits fondamentaux des voyageurs. Aires d’accueil dignes, accès aux services essentiels, fin des expulsions sans solution de relogement sont des obligations légales. Éxiger que la Métropole applique enfin le schéma départemental, tandis que la Ville s’engagera pleinement sur le foncier et la concertation locale afin de garantir un accueil organisé et apaisé.
- Mesure 313
Garantir la laïcité et lutter contre son instrumentalisation. La Ville de Marseille veillera : à l’accès équitable aux salles municipales pour les cérémonies civiles ou religieuses, à ne pas faire obstacle par principe aux demandes de permis de construire des lieux de culte conformes à la loi, à la liberté d’association , et à la neutralité des édifices publics, conformément à la loi de 1905.
- Mesure 314
Reconnaître et transmettre l’histoire coloniale et migratoire de Marseille. Soutenir la recherche et les initiatives associatives, et porter l’ambition de créer un musée dédié. En lien avec l’Université Aix-Marseille et les acteur.ices concerné.es, organiser un sommet « Marseille décoloniale 2030 » à l’occasion des 200 ans de la colonisation de l’Algérie.
- Mesure 315
Donner des moyens durables à la lutte contre le racisme, en soutenant la création d’un centre antiraciste. Il sera mis à disposition des associations et collectifs pour se réunir, s’organiser et mener des actions. Il accueillera également le public pour l’informer et l’orienter, notamment sur l’accès aux droits, à l’emploi et au logement.
Axe 4METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE SPÉCIFIQUE DE LUTTE CONTRE LES LGBTIPHOBIES
- Mesure 316
Protéger les personnes LGBTI les plus vulnérables et sécuriser les parcours, en augmentant les places d’hébergement pour les personnes LGBTI en rupture familiale. Renforcer l’accueil dans les CCAS et les centres d’hébergement en formant les équipes et en développant des espaces inclusifs avec les associations LGBTQIA+.
- Mesure 317
Soutenir la culture, la mémoire et les luttes LGBTIQIA+. Accompagner le mois des Fiertés, soutenir les associations locales dans l’organisation logistique et la sécurisation des événements , et garantir la présence des élu·es. Inscrire l’histoire des communautés LGBTIQIA+ dans l’espace public, notamment par des hommages aux personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
- Mesure 318
Lutter contre les LGBTIphobies et rendre visibles les droits et les recours. Déployer des campagnes de sensibilisation dans l’espace public et les transports, présentant les différentes formes de LGBTIphobies, les moyens d’y réagir et le numéro vert de l’Observatoire des discriminations sur chaque support.
- Mesure 319
Garantir l’accès aux droits et la continuité administrative des personnes trans et intersexes. Mettre en place une permanence juridique pour accompagner les changements d’état civil et faciliter les démarches auprès de la Sécurité sociale et des caisses de retraite.
- Mesure 320
Reconnaître pleinement les identités et les parcours LGBTI dans l’action municipale. Faire de la mairie un acteur de l’accompagnement des transitions de genre, notamment via les dispensaires municipaux, en assumant la responsabilité des actes médicaux liés à la transition. Garantir au sein des services municipaux le respect du prénom et des pronoms d’usage, la prise en compte de la non-binarité et la reconnaissance des parentalités LGBTI, tout en menant un combat au niveau national pour leur pleine reconnaissance administrative.
Axe 5CONSTRUIRE UNE VILLE PLEINEMENT ACCESSIBLE ET LUTTER ACTIVEMENT CONTRE LE VALIDISME
- Mesure 321
Faire de Marseille une ville 100 % accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) et usager·es en fauteuil roulant (UFR). Déployer un plan massif d’accessibilité universelle couvrant l’espace public, les transports, les bâtiments municipaux (écoles, crèches, centres sociaux, etc.) et les événements municipaux (festivals, concerts, conseils municipaux). Partager un calendrier public de mise aux normes et associer les personnes concernées au déploiement de ce plan.
- Mesure 322
Garantir des règles claires et contrôlées pour renforcer l’accessibilité. L’imposer dans toutes les nouvelles constructions via le plan local d’urbanisme intercommunal ( PLUi ), et rendre la Commission Communale d’Accessibilité Universelle pleinement transparente (avancement, budgets, dérogations), en lien avec les associations.
- Mesure 323
Assurer une mobilité réellement inclusive, en reprenant en régie publique le transport à la demande, accessible sur l’ensemble du territoire métropolitain et réservable jusqu’à deux heures avant. Augmenter les places PMR dans chaque quartier, et systématiser la verbalisation en cas d’occupation illégale et de stationnement gênant la circulation des fauteuils et poussettes par l’augmentation des contrôles : les recettes issues de ces verbalisations financeront exclusivement des travaux d’accessibilité.
- Mesure 324
Lutter contre le validisme par une campagne municipale de sensibilisation de l’ensemble des acteur∙rices, dont les agent·es et élu·es (y compris la police et les personnels soignants). L’objectif est d’améliorer l’accueil, l’inclusion et le respect des droits des personnes handicapées : guichets et zones d’accueil apaisés, information et communication claires.
- Mesure 325
Soutenir durablement les associations de terrain par des subventions stables, la mise à disposition de locaux municipaux, et une coordination régulière entre associations, écoles, instituts médico-éducatifs et familles. Cela permettra de construire des parcours d’accompagnement continus, d’éviter les ruptures de droits et de sécuriser les transitions vers la scolarisation ordinaire ou les structures pour adultes.
- Mesure 326
Faciliter l’accès aux droits et aux soins, en créant au sein de l’Observatoire des discriminations un service municipal dédié à l’accompagnement des démarches de la Maison Départementale des personnes handicapées (MDPH). Il combinera permanences locales, aide aux dossiers, suivi des délais et plateforme numérique « Parcours Handicap Marseille » sur l’application Marseille ma ville, afin de sécuriser l’accès aux soins et aux droits.
- Mesure 327
Exiger de l’État plus d’accompagnant·es d’élèves en situation de handicap (AESH) (voir chapitre 2 , mesure 99 ).
2. Enfance, parentalité, jeunesse, grand âge
À Marseille, les inégalités se construisent, s’accumulent et se transmettent tout au long de la vie. Dès la petite enfance, l’accès aux modes de garde, à des écoles en bon état, ou à des espaces de jeu dépend trop souvent du quartier où l’on naît. La parentalité, en particulier pour les familles modestes et monoparentales, se vit dans la débrouille, la fatigue et l’isolement, faute de solutions accessibles et adaptées. Plus tard, de nombreux jeunes se retrouvent sans repères ni accompagnement, confrontés à la précarité et à l’absence de perspectives. Enfin, le vieillissement accentue encore les fractures territoriales : logements inadaptés, isolement social, accès inégal aux soins, avec une espérance de vie plus courte dans les quartiers populaires. Cette situation n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques qui ont trop longtemps laissé les âges de la vie au marché, à la famille ou au bénévolat. À Marseille, près d’un·e habitant·e sur cinq a moins de 30 ans et autant plus de 60 ans : la ville est à la fois jeune et vieillissante, diverse dans ses parcours et ses besoins, tandis que les politiques publiques restent inadaptées et inégalitaires selon les territoires. Répondre à ces enjeux, c’est affirmer une ambition claire : garantir à tous·tes, à chaque étape de la vie, des conditions d’existence dignes et des services publics accessibles. Faire de la petite enfance, de la parentalité, de la jeunesse et du grand âge des priorités politiques, c’est assurer une protection réelle tout au long de la vie.
Axe 1AGIR DÈS L’ENFANCE POUR RÉDUIRE LES INÉGALITÉS
- Mesure 328
Garantir à toutes les familles un accès effectif et abordable à un mode de garde, en priorité dans les quartiers populaires. La municipalité développera des crèches municipales, soutiendra les crèches associatives et conventionnées. Elle mettra en place une aide municipale réduisant le reste à charge des familles, notamment modestes et monoparentales, tout en revalorisant les métiers de la petite enfance, en particulier celui d’assistante maternelle.
- Mesure 329
Rendre l’accès aux crèches plus juste, lisible et rapide, par la mise en place d’un guichet unique d’attribution des places via l’application Marseille ma ville (voir chapitre 1 , mesure 4 ). Les parents auront également une place au conseil d’administration des crèches.
- Mesure 330
Soutenir et reconnaître le rôle des parents, en renforçant dans les centres sociaux, des espaces de parentalité ouverts et gratuits. Ils permettront de s’informer, d’être accompagnés et d’approfondir le lien parent-enfant. Ces temps seront aussi des lieux de démocratie locale, avec la création d’un Conseil des mères et des pères pour échanger sur l’école, la parentalité, la sécurité et les politiques publiques, en présence d’un·e élu·e municipal·e.
- Mesure 331
Faire de l’enfant une priorité transversale de l’action municipale, en créant un comité populaire dédié aux droits de l’enfant (voir chapitre 1 , mesure 8 ), à vocation transversale (urbanisme, éducation, santé, culture, sécurité). Il sera chargé de rendre un avis obligatoire sur tout projet impactant les enfants, et de piloter une feuille de route garantissant leur prise en compte effective dans toutes les politiques publiques.
- Mesure 332
Prévenir et lutter contre les violences faites aux enfants en instaurant un protocole municipal de prévention et de signalement. En lien avec les écoles, les services sociaux et les associations, des référent·es seront identifié·es par quartier, et des actions de sensibilisation sur les violences éducatives, sexuelles, le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement seront déployées, avec une information claire à destination des parents
Axe 2RECONNAÎTRE ET SOUTENIR LA MONOPARENTALITÉ
- Mesure 333
Reconnaître et soutenir concrètement les familles monoparentales par la mise en place d’une carte municipale. Délivrée par le CCAS sur la base d’une définition large, elle ouvrira des droits prioritaires et des tarifs réduits pour : l’accès aux crèches, cantines, périscolaire, logement social (à la location et à l’achat), centres de santé municipaux, solutions de garde, ainsi qu’aux transports, à la culture et au sport.
- Mesure 334
Rendre la fiscalité municipale plus juste pour les parents isolé·es. Exclure la pension alimentaire du calcul du quotient familial municipal, afin de ne plus pénaliser les familles monoparentales dans l’accès aux services et aux tarifs sociaux.
- Mesure 335
Garantir un véritable droit au répit parental, en développant des temps et des solutions de relais pour soulager le quotidien ou les parents malades : accès prioritaire à l’aide aux devoirs, périscolaire jusqu’à 18h30, gratuité lors des événements municipaux, organisation de séjours de répit et prise en charge d’heures de ménage pour les familles les plus en difficulté.
- Mesure 336
Rompre l’isolement des parents solos et de leurs enfants, en créant des espaces municipaux d’écoute, de soutien et d’entraide. Situés dans les centres sociaux et les équipements de proximité, ils seront animés par des professionnel·les formé·es pour orienter vers les aides, services et ressources locales. À plus long terme, renforcer les dispositifs de santé à destination des familles monoparentales (voir chapitre 2 , section santé).
- Mesure 337
Rendre les droits et ressources lisibles et accessibles, en créant un guide municipal de la monoparentalité. Disponible sur l’application Marseille ma ville (voir chapitre 1 , mesure 4 ) et en version papier, il recensera : droits, aides, solutions de garde, et facilitera l’entraide entre habitant·es.
Axe 3GARANTIR DES CONDITIONS DE VIE DIGNES À LA JEUNESSE
- Mesure 338
Garantir un logement étudiant public et digne. Développer les logements CROUS et municipaux, réquisitionner les logements vacants pour du logement étudiant social et rénover les logements indignes et passoires thermiques (voir chapitre 2 ). Créer une cartographie publique du logement étudiant et des aides disponibles sur l’application Marseille ma ville pour plus de lisibilité et de transparence.
- Mesure 339
Assurer l’autonomie financière des jeunes, en instaurant la gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Renforcer les aides au permis et assurer une bourse municipale complémentaire pour les étudiant·es les plus précaires, y compris étranger·es. Étendre les repas à 1 € toute l’année et développer les épiceries solidaires étudiantes.
- Mesure 340
Déployer un dispositif municipal de santé mentale pour les 18–25 ans. Créer des lieux d’écoute et de consultations psychologiques gratuits, sans condition ni rendez-vous, en lien avec les universités, missions locales et associations, pour prévenir l’isolement et les ruptures de parcours.
- Mesure 341
Reconnaître les jeunes comme des acteurs politiques et sociaux à part entière, en créant un comité populaire jeunesse (voir chapitre 1 , mesure 8 ). Doté de pouvoirs concrets, il associera des jeunes de 16 à 25 ans de tous les quartiers pour co-construire les politiques municipales et décider d’une part du budget de la Ville. Soutenir l’engagement associatif et syndical des jeunes par la mise à disposition de locaux gratuits et pérennes, et par un soutien financier renforcé aux projets éducatifs, culturels, citoyens et solidaires portés par la jeunesse.
- Mesure 342
Renforcer l’aide municipale de proximité dédiée à l’orientation des jeunes, en complémentarité avec l’action de la Mission locale. Au sein de la filière municipale des animateur·ices, des référent·es joueront un rôle de relais et d’accompagnement de premier niveau, en lien avec les acteur.ices existants, pour soutenir les jeunes dans leurs parcours de vie et d’emploi, prévenir les situations d’errance et rompre l’isolement.
Axe 4DÉFENDRE L’AUTONOMIE, LA DIGNITÉ ET LE LIEN SOCIAL POUR NOS AÎNÉ·ES
- Mesure 343
Redonner toute leur place aux aîné·es dans les politiques publiques, en créant un comité populaire senior (voir chapitre 1 , mesure 8 ). Il réunira personnes concernées, associations, chercheur·euses et acteurs de la santé. Il sera chargé de co-construire et suivre des politiques publiques de proximité, transversales et favorisant le lien intergénérationnel.
- Mesure 344
Rendre la ville plus accessible aux aîné·es, en adaptant l’espace public et les transports à leurs besoins (voir chapitre 4, mesure 319 ).
- Mesure 345
Rompre avec l’isolement, renforcer l’entraide et faciliter l’accès au logement des seniors. Développer le logement intergénérationnel, et les colocations solidaires entre seniors et jeunes. La Ville intégrera cette orientation au PLUi, la favorisera sur le foncier et le bâti publics, et s’appuiera sur des acteur·ices spécialisé.es qu’elle mettra en lien avec ceux du logement.
- Mesure 346
Renforcer le lien intergénérationnel au niveau de chaque secteur. En faire une politique à part entière, fondée sur la transmission, l’entraide et la complémentarité des âges, en facilitant les liens entre aîné.es, associations, écoles et crèches à travers des activités intergénérationnelles comme les visites, le soutien scolaire ou les repas partagés.
- Mesure 347
Rompre avec la marchandisation du grand âge et garantir un accompagnement digne. Créer des résidences municipales gérées par des associations ou des coopératives plutôt que par des groupes privés à but lucratif, garantissant des conditions dignes pour les résident·es comme pour les salarié·es, des tarifs encadrés et un accompagnement de qualité, en priorité dans les quartiers populaires.
- Mesure 348
Lutter contre l’exclusion numérique des seniors. Proposer, dans les mairies de secteur et les centres sociaux, un accompagnement humain à la connexion, à l’équipement et aux usages numériques. Renforcer l’accès aux droits, avec un appui spécifique pour l’utilisation de l’application Marseille ma ville.
- Mesure 349
Reconnaître et soutenir concrètement les aidant·es dans leur quotidien, en leur donnant accès à des droits effectifs : tarifs réduits pour les activités municipales, les transports, et accompagnement personnalisé pour prévenir l’épuisement.
3. Accueil et solidarité
Marseille, ville ouverte sur la Méditerranée, est une « ville-carrefour » façonnée depuis 2 600 ans par les migrations. Terre d’accueil des communautés arménienne, italienne, maghrébine, comorienne ou subsaharienne, elle incarne une France diverse et créolisée. Fidèle à cette histoire, Marseille doit réaffirmer que l’accueil est une richesse : personne ne quitte son pays par confort, mais par nécessité, et l’immigration contribue pleinement à la vie économique et culturelle de la ville. Alors que la Méditerranée est devenue un cimetière à ciel ouvert, avec 2 452 morts en 2024, garantir un accueil digne est une exigence humaine et politique. Cette exigence concerne celles et ceux qui arrivent à Marseille, mais aussi celles et ceux qui y vivent déjà et basculent dans la précarité. La ville est frappée par une pauvreté profonde : les loyers, l’énergie et les produits du quotidien augmentent tandis que les revenus stagnent. Or la pauvreté ne se limite pas au manque d’argent : elle prive aussi de droits essentiels. Si une municipalité ne peut agir seule sur les causes structurelles, elle a le devoir de répondre à l’urgence et de garantir à chacun·e le minimum vital. Nous voulons faire de Marseille une ville fidèle à son histoire, qui accueille et assure l’accès aux droits fondamentaux, pour que personne, habitant·e, exilé·e ou personne de passage, ne soit laissé à la misère.
Axe 1ÉRADIQUER LA GRANDE PRÉCARITÉ
- Mesure 350
Assurer l’accès universel à l’eau, à l’hygiène et aux infrastructures essentielles en finalisant et publiant le diagnostic légal sur l’eau. Installer des points d’eau potable et des fontaines sur tout le territoire, et déployer un véritable service d’hygiène publique.
- Mesure 351
Assurer le droit à une alimentation saine et accessible. Soutenir et développer les épiceries sociales par des subventions, organiser des repas populaires en lien avec les associations de cuisine et les cantines scolaires existantes. Une fois les cuisines de secteur construites, étudier la possibilité de créer des restaurants populaires municipaux.
- Mesure 352
Garantir à chacun·e le minimum vital. Prendre des arrêtés municipaux d’interdiction des coupures d’eau et d’énergies. Soutenir avec les associations la distribution de colis alimentaires et de vêtements, et expérimenter un revenu municipal garanti permettant de compléter les revenus des ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire (50 % du revenu médian).
- Mesure 353
Garantir l’hébergement et la dignité des personnes sans-abri. Assurer le droit à la domiciliation, recenser les besoins réels et développer des solutions d’hébergement municipal, avec l’ouverture immédiate de gymnases chauffés en cas d’urgence et la réquisition de logements vacants. Déployer un service de bagagerie et refuser toute politique hostile aux personnes sans domicile (arrêtés anti-mendicité, mobiliers anti-SDF).
- Mesure 354
Renforcer l’hébergement d’urgence associatif, en soutenant financièrement les lieux d’accueil solidaires et les squats, notamment par la prise en charge de certains coûts et la sécurisation des occupant·es via des conventions avec la Ville.
- Mesure 355
Faciliter l’accès aux droits dans tous les quartiers ( chapitre 1 , mesure 4 et 5).
Axe 2GARANTIR UN ACCUEIL DIGNE ET UNE PROTECTION DES PERSONNES EXILÉES
- Mesure 356
Garantir l’accès effectif aux droits et aux services municipaux pour tous·tes, en créant une carte d’identité municipale. Avec photo, elle fera office de preuve de domiciliation et facilitera l’accès aux services publics (bibliothèques, transports, équipements municipaux). Développer les parrainages républicains, permettant à des citoyen·nes ou des élu·es d’accompagner les personnes sans papiers dans leurs démarches et leur parcours d’intégration.
- Mesure 357
Aucun·e migrant·e à la rue. Agir avec l’État et le Département pour qu’aucun·e migrant·e ne dorme dehors : se porter commune volontaire à l’accueil. Mettre des bâtiments municipaux à disposition pour l’hébergement d’urgence et renforcer la coordination des acteur∙ices.
- Mesure 358
Renforcer l’accompagnement social et administratif des nouveaux arrivant·es. Améliorer les dispositifs d’accès aux droits en recrutant des interprètes et en formant tous les agent·es municipaux aux enjeux migratoires. Développer des actions d’accompagnement (cours de français, aide administrative, soutien à la parentalité, ateliers socio-éducatifs) et soutenir les projets solidaires portés avec les personnes migrantes.
- Mesure 359
Scolariser de façon inconditionnelle tous les enfants, sans condition de statut administratif, dans les écoles de la ville, conformément au principe d’égalité d’accès à l’éducation.
- Mesure 360
Organiser un accueil digne et coordonné des personnes arrivant à Marseille, en créant une Maison de l’Hospitalité. Elle permettra d’orienter, informer et accompagner les nouveaux arrivant·es : lieu de repos, d’hébergement d’urgence, d’information fiable et d’accompagnement juridique (notamment en droit des étrangers). Ouverte aux associations, elle accueillera ateliers collectifs et initiatives culturelles, assurera le lien avec le 115 et les maraudes, et mettra à disposition une base publique des places d’hébergement disponibles et des délais d’attente.
- Mesure 361
Faire de Marseille une ville sanctuaire. Adhérer au réseau européen des villes sanctuaires et renforcer la participation de Marseille à l’Association nationale des Villes et Territoires Accueillants (ANVITA), afin de défendre une politique d’hospitalité et d’intégration. La ville accueillera également des exilé·es politiques engagés dans les luttes anticoloniales, anti-impérialistes ou émancipatrices.
Axe 3REPENSER L’HOSPITALITÉ ET MAÎTRISER LE TOURISME
- Mesure 362
Maîtriser le développement touristique afin de préserver la ville et ses habitant·es. Réguler le sur-tourisme en luttant contre les abus liés à l’expansion des locations de courte durée de type Airbnb (voir chapitre 2 , mesure 63 ) et contre l’impact des croisières ( chapitre 3 , mesure 276 ).
- Mesure 363
Réorienter la fiscalité touristique vers une politique d’accueil juste et solidaire. Affecter une part de la taxe de séjour au financement d’un accueil digne de l’ensemble des personnes présentes à Marseille, et non exclusivement à la promotion touristique.
- Mesure 364
Structurer une politique municipale de l’hospitalité dépassant le seul cadre touristique. Créer une délégation municipale à l’hospitalité chargée de coordonner une politique d’accueil globale, en lien avec un comité populaire de l’hospitalité (voir chapitre 1 , mesure 8 ) réunissant acteurs publics, associatifs, privés et habitant·es, chargé d’évaluer les conditions d’accueil et leurs impacts sociaux, économiques et environnementaux.
- Mesure 365
Ancrer les politiques d’accueil à l’échelle des quartiers. Créer des syndicats d’hospitalité de quartier, fédérations locales des acteur·rices de l’accueil (hébergeur·euses, restaurateur·rices, guides, associations, tiers-lieux), afin de renforcer la coordination et l’action de proximité.
- Mesure 366
Professionnaliser et transformer les pratiques de l’accueil. Lancer l’École des hôtes, un programme de formation continue destiné aux professionnel·les et bénévoles de l’accueil, centré sur l’hospitalité universelle, l’accessibilité, la sobriété énergétique et la lutte contre les discriminations.
4. Relations internationales
Par son histoire, son port et ses diasporas, Marseille occupe une place singulière sur la scène internationale. Ville carrefour de la Méditerranée, elle porte une responsabilité particulière dans la défense de la paix, des droits humains et dans la lutte contre toutes les formes d’impérialisme. Cette responsabilité n’est pourtant pas pleinement assumée aujourd’hui. Le maintien du jumelage avec Haïfa constitue un symbole politique lourd, perçu par de nombreux·ses Marseillais·es comme une forme de complaisance face aux crimes en cours à Gaza, en profond décalage avec la mobilisation des habitant·es sur ce sujet. Par ailleurs, si Marseille a développé un réseau de villes partenaires, cette politique a trop souvent été pensée comme un outil d’attractivité économique ou touristique. Elle relève parfois davantage de l’affichage diplomatique que de la solidarité concrète. La coopération internationale s’est ainsi éloignée des besoins des habitant·es et des réalités des territoires partenaires. Nous voulons refonder la politique internationale de Marseille autour de la réciprocité, de l’utilité sociale et de liens durables entre les peuples. La ville doit aussi reconnaître la richesse des langues et des cultures portées par ses diasporas, par le soutien à des initiatives culturelles, économiques et mémorielles. C’est à ces conditions que Marseille pourra affirmer une identité internationale fidèle à son histoire populaire, méditerranéenne et solidaire.
Axe 1S’ENGAGER POUR LA FIN DU GÉNOCIDE, DE LA COLONISATION ET DE L’APARTHEID À GAZA
- Mesure 367
Rompre avec toute caution politique apportée à la guerre menée contre le peuple palestinien, en mettant fin au jumelage de Marseille avec la ville israélienne d’Haïfa. En effet, Haïfa coopère à l’effort de guerre et légitime les crimes commis par l’État d’Israël contre le peuple palestinien. Mettre également fin à l’accord de partenariat avec Jérusalem.
- Mesure 368
Affirmer un engagement municipal clair en faveur d’une paix juste et durable en Palestine. Faire adopter par le conseil municipal une motion appelant à la paix durable à Gaza et en Cisjordanie, à la fin de l’apartheid en Cisjordanie et à Jérusalem Est, et à la levée du blocus de Gaza.
- Mesure 369
Refuser toute complicité avec l’économie de guerre. Dénoncer et rompre les accords économiques avec les ports méditerranéens et internationaux qui collaborent à la livraison de l’industrie de l’armement.
- Mesure 370
Aligner la commande publique municipale sur le respect du droit international et des droits humains. S’engager à vérifier l’origine des produits et services achetés par la Ville et à exclure des marchés publics les entreprises impliquées dans la colonisation ou dans des violations graves des droits humains, notamment dans les territoires occupés.
Axe 2S’ENGAGER POUR LA PAIX ET CONTRE L’IMPÉRIALISME
- Mesure 371
Inscrire la paix au cœur de l’espace public marseillais en créant un monument en hommage aux tirailleurs sénégalais en révolte et aux fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale, symbole du refus de la guerre et du militarisme. Lancer un Forum marseillais pour la paix réunissant citoyen·nes, chercheur·euses et acteur·rices des sociétés civiles affectées par les conflits.
- Mesure 372
Refonder les coopérations internationales de Marseille autour de la solidarité et des droits humains. Renforcer le budget de la coopération décentralisée, créer un fonds municipal d’urgence pour les crises humanitaires et adopter une charte éthique excluant toute coopération avec des régimes violant le droit international. Cette politique s’appuiera sur un comité populaire de la coopération internationale associant citoyen·nes, associations, chercheur·euses et élu·es, afin de relier les diasporas locales aux engagements internationaux de la Ville.
- Mesure 373
Développer des coopérations internationales fondées sur la paix et les droits des peuples. Ces partenariats seront rendus concrets par des échanges éducatifs, culturels, des associations de jeunesse, des formations d’apprenti∙es notamment entre établissements scolaires et structures culturelles.
- Mesure 374
Refuser l’implantation et le développement d’industries de l’armement sur le territoire municipal, en utilisant l’ensemble des leviers dont dispose la Ville (urbanisme, foncier, commandes publiques, partenariats).
Axe 3RENFORCER LA VOCATION MÉDITERRANÉENNE DE MARSEILLE
- Mesure 375
Replacer Marseille au cœur de la Méditerranée : relancer l’alliance Marseille–Gênes–Barcelone et renforcer les coopérations avec les grandes villes méditerranéennes (Alger, Tunis, Naples, etc.). Créer une Ligue euro-méditerranéenne des ports solidaires pour lutter contre la pollution maritime et encadrer le développement des croisières.
- Mesure 376
Construire une coopération économique utile et solidaire, en organisant un Sommet économique méditerranéen annuel. Il réunira collectivités, société civile et acteurs économiques autour de la transition écologique, de l’eau, des mobilités et du tourisme durable. Appliquer pleinement la loi Oudin-Santini qui octroie 1% du budget des collectivités pour financer des projets de solidarité sur l’accès à l’eau.
- Mesure 377
Protéger la Méditerranée face au dérèglement climatique. Créer un réseau méditerranéen de protection de la mer contre les pollutions, développer des aires marines protégées en haute mer et porter des normes écologiques ambitieuses sur le transport maritime.
- Mesure 378
Investir dans la jeunesse et les coopérations scientifiques. Augmenter le nombre de jeunes Marseillais·es en échanges internationaux ou stages, en priorité dans les quartiers populaires. Renforcer les coopérations universitaires et scientifiques à l’échelle méditerranéenne.
- Mesure 379
Faire vivre les cultures et les diasporas méditerranéennes, en créant une Université populaire des cultures et langues méditerranéennes, avec cours, événements culturels et rencontres des diasporas.
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